La région détermine les numéros d'urgence, les unités et les notes régionales – indépendamment de la langue.
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Psychologie et décisions
Réfléchir clairement sous pression
SurviveBetter · Version du 2026-10-17 · 33 entrées
Le stress, la panique et l'épuisement influencent les décisions. Connaître ces mécanismes aide à mieux définir ses priorités.
01 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Le stress en situation d'urgence : ce qui se passe dans le corps et dans la tête
En cas de danger soudain, le corps passe en mode alarme : le cœur et la respiration s'accélèrent, la vision se rétrécit, les gestes précis et la pensée claire deviennent plus difficiles. Certaines personnes agissent frénétiquement, d'autres se figent. Ce sont des réactions normales face à une situation extraordinaire. Les connaître aide à les contrer – avec des routines simples, des listes de contrôle et une pause volontaire.
Une douleur thoracique, un essoufflement, un cœur qui s'emballe ou un engourdissement peuvent aussi avoir des causes physiques. En cas de doute, ne les mettez pas sur le compte d'un « simple stress » – appelez le numéro d'urgence (112 dans l'UE).
Si de fortes réactions de stress persistent pendant des semaines ou limitent nettement la vie quotidienne, cherchez une aide professionnelle.
Étapes
1
Signes physiques
Cœur qui bat fort, respiration rapide, tremblements, transpiration, bouche sèche, nausées, jambes en coton, fourmillements dans les mains ou les lèvres en cas de respiration très rapide.
2
Perception
Vision en tunnel, sons non entendus, perception du temps déformée, trous de mémoire. Les indices situés en périphérie passent facilement inaperçus.
3
Penser et agir
S'accrocher au premier plan, difficulté à peser les options, oubli de choses simples (par ex. l'adresse lors d'un appel d'urgence), agitation frénétique ou sidération.
4
Ensuite
Épuisement, pleurs, tremblements, irritabilité, troubles du sommeil ou images récurrentes dans les jours qui suivent sont fréquents et s'estompent avec le temps chez beaucoup de personnes.
5
Contrer la réaction
Faites une brève pause et expirez volontairement plus lentement, faites une tâche après l'autre, parlez à voix haute, utilisez des listes de contrôle et des plans préparés, impliquez les autres.
Erreurs courantes
×Interpréter sa propre réaction de stress comme un échec
×Vouloir prendre seul des décisions compliquées sous le stress
×Prendre des urgences physiques pour de la panique
×Supposer que les personnes qui semblent calmes ne sont pas affectées
Limites et risques
–Ni diagnostic, ni thérapie
–Description générale – les réactions individuelles varient fortement
Sources
[1]
Headquarters, Department of the Army (USA) (2002): FM 3-05.70 Survival
[2]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-stress-reactions
02 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
STOP : du choc à la prochaine étape en quelques secondes
Quand la peur ou la panique monte et qu'aucun danger immédiat ne vous oblige à agir tout de suite, une courte séquence fixe aide : s'arrêter, expirer lentement et revenir ici et maintenant, réfléchir, observer, planifier la prochaine petite étape. Cette séquence s'appuie sur la règle STOP bien connue pour les personnes égarées et peut être utilisée partout.
En cas de feu, de fumée, de gaz, de montée des eaux ou de tout autre danger immédiat, ne restez pas immobile : mettez-vous d'abord en sécurité et appelez le numéro d'urgence (112 dans l'UE).
Si l'essoufflement, la douleur thoracique ou les vertiges ne s'atténuent pas, il peut y avoir une cause physique. Appelez le numéro d'urgence.
Étapes
1
S – S'arrêter
Arrêtez-vous, asseyez-vous si possible. Ne faites rien qui ne soit pas immédiatement nécessaire. Dites « Stop » à voix haute ou pour vous-même.
2
Respirer
Pendant quelques respirations, inspirez calmement par le nez et expirez plus longuement et lentement par la bouche. Ne « pompez » pas profondément – calme et régulier.
3
Reprendre pied
Sentez vos pieds sur le sol, nommez cinq choses que vous voyez et quelques choses que vous entendez. Cela détourne l'attention de la peur et la ramène vers votre environnement.
4
R – Réfléchir
Quel est le plus grand danger en ce moment ? Que sais-je avec certitude, que ne fais-je que supposer ? Qu'ai-je déjà fait correctement ?
5
O – Observer
Environnement, météo, heure de la journée, personnes, équipement, batterie, eau. Qui sait où je suis ? Y a-t-il de l'aide à proximité ?
6
P – Planifier
Décidez de la prochaine petite étape concrète et dites-la à voix haute (« J'appelle le 112 maintenant », « Nous restons ici et enfilons nos vestes »). Faites-la. Puis recommencez la séquence.
Erreurs courantes
×Sauter l'arrêt « parce qu'il n'y a pas le temps » – il y a généralement une ou deux minutes
×Vouloir résoudre tout le problème d'un seul coup
×Respirer vite et profondément au lieu d'expirer lentement
×Faire l'arrêt en plein danger au lieu de s'éloigner d'abord
Limites et risques
–Une technique d'auto-assistance, pas une thérapie
–Pas en cas de danger immédiat
–L'effet varie d'une personne à l'autre
Sources
[1]
World Health Organization (2020): Doing What Matters in Times of Stress: An Illustrated Guide
Headquarters, Department of the Army (USA) (2002): FM 3-05.70 Survival
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-stop-calm-down
03 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Quand une aide professionnelle est nécessaire
La plupart des gens se rétablissent après des événements éprouvants grâce au soutien de leur famille et de leurs amis. Une aide immédiate – via le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'écoute locale – est nécessaire pour toute personne qui pense au suicide, se met en danger ou met autrui en danger, ou perd le contact avec la réalité. Une aide professionnelle rapide est judicieuse lorsqu'une forte détresse ne diminue pas au fil des semaines ou paralyse la vie quotidienne.
En cas d'idées suicidaires ou d'automutilation, de danger pour autrui ou si quelqu'un perd complètement le contrôle : appelez immédiatement le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'aide locale et ne laissez pas la personne seule.
Si une personne est en danger aigu, ne la laissez pas seule et – dans la mesure où c'est possible en toute sécurité – éloignez de sa portée les objets dangereux ou les médicaments jusqu'à l'arrivée des secours.
Les aidants aussi peuvent être très touchés après une urgence. Accepter du soutien est un signe de responsabilité, pas de faiblesse.
Matériel
Pochette de documents (étanche)(facultatif) – Liste de numéros de crise, du médecin de famille et de personnes de confiance
Étapes
1
Signes d'alerte aigus : de l'aide tout de suite
Propos sur le suicide ou l'automutilation, danger pour autrui, confusion grave, idées délirantes ou perte de contrôle totale : appelez le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'écoute de crise locale et restez auprès de la personne.
2
Poser la question directement
Si vous êtes inquiet, demandez calmement et directement à la personne si elle pense à se faire du mal. Écoutez, prenez-la au sérieux, ne la jugez pas et cherchez de l'aide ensemble.
3
Détresse persistante
Cherchez rapidement une aide professionnelle si une forte anxiété, un moral bas, des insomnies, des cauchemars ou des souvenirs envahissants ne s'atténuent pas au bout de plusieurs semaines ou s'aggravent.
4
Le quotidien ne fonctionne plus
Si une personne n'arrive plus à s'occuper d'elle-même ou de ses enfants, se replie complètement ou recourt de plus en plus à l'alcool, aux médicaments ou aux drogues pour tenir.
5
Où trouver de l'aide
Médecin de famille, ligne d'écoute de crise ou service de crise local, psychothérapie et services de psychiatrie, accompagnement spirituel et soutien psychosocial des organisations de secours après les catastrophes. Notez les coordonnées à l'avance : en cas d'urgence, il n'y a pas le temps de chercher.
6
Continuer à soutenir
Aidez à établir le contact, accompagnez la personne à ses rendez-vous, allégez son quotidien et restez en contact. Respectez aussi vos propres limites.
Erreurs courantes
×Balayer les propos sur le suicide comme « des paroles en l'air »
×Laisser seule une personne en danger
×Pousser les personnes touchées à parler
×Attendre que les choses s'améliorent « d'elles-mêmes » alors qu'elles empirent depuis des semaines
×Ignorer sa propre fatigue psychique en tant qu'aidant
Limites et risques
–Ni diagnostic, ni thérapie
–Pas de numéros de crise précis : cherchez vous-même les services locaux
–Aucune recommandation de médicaments
Sources
[1]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-professional-help
04 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Premiers secours psychologiques pour les aidants non professionnels : observer, écouter, orienter
Les premiers secours psychologiques ne sont pas une thérapie, mais un soutien humain et pratique apporté à des personnes peu après un événement éprouvant. Le guide de l'OMS décrit trois principes d'action : rechercher la sécurité et les besoins urgents, écouter sans forcer, et mettre les personnes en lien avec des informations, leurs proches et des services d'aide.
En cas d'idées suicidaires ou d'automutilation, de danger pour autrui ou si quelqu'un perd complètement le contrôle : appelez immédiatement le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'aide locale et ne laissez pas la personne seule.
N'aidez que si le lieu est sûr. N'entrez pas dans les zones dangereuses réservées aux services de secours.
Ne poussez personne à parler. Un interrogatoire détaillé sur ce qui s'est passé peut faire plus de mal que de bien.
Étapes
1
Préparer
Renseignez-vous brièvement : que s'est-il passé, quels services sont présents, quels dangers existent ? Présentez-vous comme aidant et demandez si une aide est souhaitée.
2
Observer
Vérifiez la sécurité, les blessures visibles et les besoins essentiels urgents (chaleur, eau, toilettes, médicaments). Repérez les personnes ayant des besoins particuliers : enfants seuls, personnes âgées, personnes handicapées ou en grande détresse.
3
Écouter
Approchez-vous calmement, interrogez sur les besoins et les préoccupations, écoutez. Ne jugez pas les émotions, ne faites aucune promesse que vous ne pouvez pas tenir. Acceptez les silences.
4
Apaiser
En cas de forte agitation, proposez un endroit calme, parlez lentement, attirez l'attention sur la respiration et sur l'environnement. Ne retenez pas la personne et ne la pressez pas.
5
Orienter
Aidez les personnes à joindre leurs proches, à obtenir des informations fiables et à trouver des services d'aide. Ne transmettez que ce que vous savez avec certitude.
6
Conclure
Dites quand vous partez et qui prend le relais. Prenez soin de vous et prenez au sérieux votre propre fatigue.
Erreurs courantes
×Pousser les gens à raconter
×Phrases toutes faites comme « Ça aurait pu être pire »
×Transmettre des informations incertaines
×Ignorer ses propres limites
×Poser des diagnostics
Limites et risques
–Pas de thérapie, pas de diagnostic
–Ne remplace ni les numéros d'urgence ni les services d'aide en situation de crise
–Respecter les différences culturelles
Sources
[1]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers
Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence
https://doi.org/10.1521/psyc.2007.70.4.283
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-pfa-look-listen-link
05 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Les semaines après un événement : réactions normales et auto-assistance
Après un accident, un incendie ou une catastrophe, les troubles du sommeil, les images qui reviennent, l'irritabilité ou l'épuisement sont fréquents et s'estompent avec le temps chez beaucoup de personnes. Le repos, une certaine structure, les contacts sociaux et la prudence avec l'alcool favorisent la récupération. Si les symptômes persistent ou s'aggravent, une aide professionnelle est utile.
En cas d'idées suicidaires ou d'automutilation, de danger pour autrui ou si quelqu'un perd complètement le contrôle : appelez immédiatement le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'aide locale et ne laissez pas la personne seule.
Cherchez une aide professionnelle si les symptômes ne s'atténuent pas au bout de plusieurs semaines, s'aggravent, perturbent fortement le travail ou les relations, ou si l'alcool, des médicaments ou des drogues semblent nécessaires pour tenir.
Ces conseils ne remplacent pas une aide psychologique ou médicale. Si la détresse dure des semaines ou paralyse la vie quotidienne, faites appel à un médecin de famille, à un service d'écoute ou à un professionnel de la santé mentale.
Étapes
1
Comprendre ses réactions
Sachez que les troubles du sommeil, les sursauts faciles, les ruminations ou l'engourdissement sont fréquents après des événements pénibles.
2
Prendre soin du corps
Mangez et buvez régulièrement, bougez, gardez vos horaires de sommeil. Soyez modéré avec l'alcool et la caféine.
3
Structure
Reprenez progressivement les routines quotidiennes ; reportez si possible les grandes décisions.
4
Contact
Passez du temps avec des personnes de confiance. Parlez si vous le souhaitez – le silence est tout aussi acceptable.
5
Limiter les images
Évitez de revoir à répétition des images et des vidéos de l'événement.
6
Suivre l'évolution
Observez-vous et observez les autres. Si les symptômes persistent ou augmentent, contactez un médecin de famille ou un service de conseil.
Erreurs courantes
×Se forcer à fonctionner et supprimer les pauses
×Considérer les réactions comme une faiblesse
×Gérer avec l'alcool
×Pousser les autres à raconter
Limites et risques
–Pas de diagnostic
–Pas un mode d'emploi de thérapie
Sources
[1]
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
[2]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-after-event-coping
06 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Limiter le flot d'informations : consommer l'actualité de façon réfléchie
Suivre en permanence les dernières informations, les fils d'actualité en direct et les vidéos peut augmenter l'anxiété sans améliorer la sécurité. Des horaires fixes pour s'informer, quelques sources fiables et des pauses voulues vous aident à rester informé tout en pouvant vous reposer.
N'étendez pas les pauses d'actualité aux alertes officielles : continuez à recevoir les applications d'alerte, les sirènes et les annonces diffusées pour votre région.
Étapes
1
Sécuriser les alertes
Activez les canaux d'alerte officiels pour votre région afin que les messages importants vous parviennent.
2
Horaires fixes
Choisissez deux ou trois moments fixes par jour pour l'actualité, pas juste avant de dormir.
3
Peu de sources
Une ou deux sources fiables plutôt que de nombreux canaux.
4
Réduire les notifications
Désactivez les notifications push des applications d'actualité, laissez les applications d'alerte activées.
5
Question de contrôle
Avant de continuer à lire, demandez-vous : cette information change-t-elle ce que je fais maintenant ? Si non, faites une pause.
6
Protéger les enfants
N'exposez pas les enfants en permanence aux informations et aux images ; répondez à leurs questions de façon adaptée à leur âge.
Erreurs courantes
×Faire défiler les mauvaises nouvelles (doomscrolling) tard dans la nuit
×Désactiver les applications d'alerte en même temps que les applications d'actualité
×Regarder plusieurs fois des vidéos de victimes
Limites et risques
–Pas un traitement des troubles anxieux
Sources
[1]
Centers for Disease Control and Prevention (CDC): Managing Stress
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-media-diet
07 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Rester en sécurité dans la foule : reconnaître la densité, s'écarter tôt
Une foule devient dangereuse surtout à cause d'une densité excessive, et pas principalement à cause de la « panique ». Connaître les sorties, remarquer tôt une densité qui augmente, se déplacer vers le bord et ne pas lutter contre le flux réduisent nettement le risque. Lors de grands événements, un point de rendez-vous et un téléphone chargé sont utiles.
Si vous ne pouvez plus bouger librement, si la foule vous pousse ou si vous avez du mal à respirer : dirigez-vous immédiatement vers le bord, loin des goulots d'étranglement, des barrières et des murs. Ne vous arrêtez pas pour filmer.
Si vous tombez dans une foule dense, essayez de vous relever immédiatement. Si vous n'y arrivez pas, recroquevillez-vous sur le côté et protégez votre tête et votre poitrine avec les bras. N'aidez les personnes tombées que si vous-même tenez solidement debout.
Signalez immédiatement les situations dangereuses aux stewards ou à la police ; en cas d'urgence, appelez le numéro d'urgence local (112 dans l'UE).
Matériel
Téléphone mobile(facultatif)
Étapes
1
Arriver et s'orienter
Repérez les issues de secours, les stewards et les postes de premiers secours. Convenez d'un point de rendez-vous pour le groupe au cas où vous seriez séparés.
2
Choisir sa position
Préférez le bord au milieu ou au pied de la scène ; évitez les goulots d'étranglement, les escaliers et les barrières.
3
Surveiller la densité
Signes d'alerte : contacts physiques de tous côtés, mouvements de foule en vagues, cris, être emporté par la foule.
4
S'écarter tôt
Déplacez-vous en diagonale à travers le flux vers le bord, ne luttez pas contre lui. Avancez pendant les pauses entre les poussées.
5
Faire de l'espace pour respirer
Gardez les bras pliés devant la poitrine pour conserver un peu d'espace pour respirer. Restez calme, économisez votre énergie.
6
Partir
Partez tôt si vous vous sentez mal, si la foule devient plus dense ou si des annonces sont faites. Tenez les enfants par la main ou gardez-les à l'écart des foules.
Erreurs courantes
×Pousser à contre-courant
×S'arrêter pour ramasser quelque chose ou pour filmer
×Entrer avec une poussette dans une foule dense
×Ne chercher les issues de secours qu'au moment de l'urgence
Limites et risques
–Aucune garantie de sécurité
–Aucune aide à la planification pour les organisateurs
Sources
[1]
G. Keith Still – CRC Press (2014): Introduction to Crowd Science
[2]
European Commission: 112 – the European emergency number
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-crowd-safety
08 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Se préparer sans peur : transformer ses inquiétudes en petits plans
Les nouvelles sur les crises peuvent déclencher un sentiment d'impuissance. La préparation aide surtout quand elle est concrète, limitée et réalisable : nommez une inquiétude, prévoyez une petite étape et faites-la, puis tournez-vous délibérément vers autre chose. Le but est de pouvoir agir, pas d'être constamment en alerte.
Ces conseils ne remplacent pas une aide psychologique ou médicale. Si la détresse dure des semaines ou paralyse la vie quotidienne, faites appel à un médecin de famille, à un service d'écoute ou à un professionnel de la santé mentale.
Si vous remarquez que la préparation mène à toujours plus d'achats, de vérifications ou à des insomnies, faites une pause et parlez-en à quelqu'un.
Étapes
1
Nommer l'inquiétude
Écrivez l'inquiétude en une phrase, par ex. « Que faisons-nous en cas de coupure de courant de plusieurs jours ? ».
2
Diviser en deux colonnes
Sur quoi puis-je agir (provisions, plan, contacts) ? Sur quoi non (cause, moment) ? Ne poursuivez qu'avec la première colonne.
3
Une petite étape
Choisissez une étape réalisable en moins d'une heure et faites-la, par exemple vérifier la lampe de poche et les piles.
4
Conclure délibérément
Cochez ce qui est fait, notez la prochaine étape, puis tournez-vous délibérément vers autre chose.
5
Limiter les informations
Lisez les nouvelles à heures fixes, dans quelques sources fiables.
Erreurs courantes
×Vouloir tout faire d'un coup
׫ Motiver » à se préparer avec des vidéos de catastrophes
×Impliquer les enfants avec des scénarios d'horreur
×Repousser la préparation parce qu'elle fait peur
Limites et risques
–Pas de traitement des troubles anxieux
–Pas de liste de contrôle de préparation (voir famille et foyer)
Sources
[1]
World Health Organization (2020): Doing What Matters in Times of Stress: An Illustrated Guide
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-preparedness-without-fear
09 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Culpabilité après une crise : une réaction normale, et quand il faut de l'aide
Après des catastrophes, beaucoup de personnes se demandent : « Pourquoi moi et pas les autres ? » ou « Aurais-je pu faire plus ? ». Ces sentiments de culpabilité et de honte sont des réactions fréquentes et non un signe de faiblesse. Il est utile d'en parler, de juger équitablement votre situation passée et de maintenir votre vie quotidienne et vos contacts. Si ces sentiments persistent, s'intensifient ou si des idées de se faire du mal apparaissent, demandez de l'aide immédiatement.
En cas d'idées suicidaires ou d'automutilation, de danger pour autrui ou si quelqu'un perd complètement le contrôle : appelez immédiatement le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'aide locale et ne laissez pas la personne seule.
Ces conseils ne remplacent pas une aide psychologique ou médicale. Si la détresse dure des semaines ou paralyse la vie quotidienne, faites appel à un médecin de famille, à un service d'écoute ou à un professionnel de la santé mentale.
L'alcool ou d'autres substances utilisés pour « anesthésier » les sentiments aggravent souvent la détresse. Si vous le remarquez chez vous, cherchez de l'aide.
Étapes
1
La reconnaître comme une réaction normale
Dites-vous : beaucoup de gens ressentent de la culpabilité après de tels événements. Cela montre que les autres comptent pour moi.
2
Regarder en arrière avec équité
Demandez-vous : que savais-je vraiment à l'époque ? De combien de temps disposais-je ? Qu'était-il réellement possible de faire ? Comment jugerais-je un ami dans la même situation ?
3
En parler
Parlez avec des personnes de confiance, un accompagnement spirituel, des groupes d'entraide ou des services de conseil – à votre rythme, sans pression pour donner des détails.
4
Faire quelque chose qui a du sens
Certaines personnes trouvent utile d'aider les autres, de commémorer ou de s'engager – si cela leur semble juste.
5
Cherchez une aide professionnelle si …
… les sentiments ne s'atténuent pas au fil des semaines, le sommeil, le travail ou les relations en souffrent gravement, le repli sur soi augmente ou des idées de se faire du mal apparaissent.
Erreurs courantes
×Refouler ses sentiments et simplement « fonctionner »
×Dire aux personnes touchées « Sois content d'être en vie »
×Se replier sur soi
×Pousser les autres à raconter
Limites et risques
–Pas de diagnostic ni de traitement
–Pas d'accompagnement du deuil au sens strict
Sources
[1]
National Child Traumatic Stress Network and National Center for PTSD (USA) (2006): Psychological First Aid: Field Operations Guide, 2nd Edition
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-guilt-survivor-feelings
10 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Prendre soin de soi quand on aide : éviter l'épuisement
Les personnes qui aident les autres en situation de crise – voisins, bénévoles ou proches aidants – s'oublient souvent elles-mêmes. Épuisement, irritabilité, troubles du sommeil et repli sur soi sont des signes d'alerte. Des pauses fixes, des tours de service, des repas et du sommeil, le partage au sein de l'équipe et des limites claires ne sont pas une faiblesse, mais la condition pour pouvoir aider plus longtemps.
En cas d'idées suicidaires ou d'automutilation, de danger pour autrui ou si quelqu'un perd complètement le contrôle : appelez immédiatement le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'aide locale et ne laissez pas la personne seule.
Les aidants épuisés font plus facilement des erreurs et se blessent. Les tâches dangereuses (conduite, outils, déblaiement après une tempête) uniquement lorsque vous êtes reposé.
Ces conseils ne remplacent pas une aide psychologique ou médicale. Si la détresse dure des semaines ou paralyse la vie quotidienne, faites appel à un médecin de famille, à un service d'écoute ou à un professionnel de la santé mentale.
Étapes
1
Avant l'intervention
Clarifiez votre propre situation : votre santé, votre famille est-elle prise en charge ? Combien de temps puis-je aider de façon réaliste ? Qui est ma personne de contact ?
2
Pendant l'intervention
Pauses fixes, manger et boire, respecter les rotations, se relayer avec d'autres, n'accepter que des tâches à la mesure de vos capacités.
3
Surveiller les signes d'alerte
Irritabilité, insomnie, cynisme, sentiment d'être irremplaçable, consommation d'alcool accrue, repli sur soi : autant de signes qui indiquent qu'il faut prendre du recul.
4
Échanger
Parlez de vos expériences au sein de l'équipe ou avec des personnes de confiance, sans surcharger les autres de détails.
5
Après l'intervention
Terminer de façon consciente, se reposer, passer du temps avec la famille et les amis, faire des choses agréables. En cas de détresse durable, recourez à une aide professionnelle ou aux services de soutien de l'organisation.
Erreurs courantes
×Travailler sans pause
×Se croire irremplaçable
×Ne jamais parler de ce qui a été éprouvant
×Aider au-delà de ses capacités
×Masquer l'épuisement par l'alcool ou la caféine
Limites et risques
–Aucun traitement de l'épuisement professionnel ou des séquelles d'un traumatisme
–Aucun conseil en organisation
Sources
[1]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers
IFRC Reference Centre for Psychosocial Support (2012): Caring for Volunteers: A Psychosocial Support Toolkit
[3]
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-helper-self-care
11 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Seul dans la forêt la nuit : surmonter la peur du noir et des bruits
Seul dans la forêt la nuit, on entend soudain le moindre craquement – et l'esprit imagine le pire. Presque toujours, ce sont des choses inoffensives : le vent, des branches, des souris dans les feuilles, des hiboux ou des chevreuils. Si vous préparez tout avant la tombée de la nuit, rationnez bien votre lumière, calmez votre respiration, nommez les bruits et vous donnez de petites tâches, vous passerez la nuit beaucoup plus sereinement.
Ne partez pas et ne courez pas la nuit par peur. Dans l'obscurité, on tombe facilement, on se blesse, on perd la direction et on s'éloigne des personnes qui vous cherchent. Restez où vous êtes jusqu'à ce qu'il fasse jour.
La plupart des nuits, le vrai danger n'est pas un animal mais le froid : isolation du sol, vêtements secs, bonnet. Une personne qui grelotte fortement, devient confuse ou cesse de grelotter a un besoin urgent de chaleur – appelez le 112.
Ne campez pas sous des branches mortes ni des arbres morts – ils peuvent tomber sans prévenir, surtout par grand vent.
Les sangliers sont en général craintifs. Une laie avec ses marcassins peut toutefois les défendre si elle est surprise : faites-vous remarquer calmement, prenez lentement de la distance, ne vous placez jamais entre la laie et ses petits.
En cas de blessure, d'hypothermie ou quand vous ne savez plus quoi faire : appelez immédiatement le 112 (en Autriche aussi le 144 pour l'ambulance et le 140 pour le secours en montagne). Dans l'UE, le 112 fonctionne sans crédit et souvent via d'autres réseaux.
Matériel
Lampe frontale / lampe de poche – Si possible avec une lumière rouge ou un niveau faible
Piles de rechange(facultatif) – À porter au chaud dans une poche intérieure
Sifflet de signalisation
Couverture de survie(facultatif)
Briquet, allumettes ou pierre à feu (ferrocérium)(facultatif) – À n'utiliser que là où un feu est sûr et justifiable en cas d'urgence
Étapes
1
Se préparer avant le crépuscule
Profitez de la dernière heure de jour : choisissez un endroit sans branches mortes au-dessus et pas dans une cuvette, rassemblez des feuilles ou des branchages pour une épaisse couche isolante au sol et – si un feu est justifiable – entassez du bois pour toute la nuit. Quand vous pensez en avoir assez, ramassez-en encore autant. Placez toujours votre lampe, votre sifflet et votre eau au même endroit, à portée de main, pour les retrouver à l'aveugle.
2
Rationner sa lumière avec discernement
Ne laissez pas votre lampe frontale allumée en permanence ; allumez-la au besoin – de préférence sur un niveau faible ou en lumière rouge. Vos yeux ont besoin d'environ 20 à 30 minutes pour s'habituer à l'obscurité ; chaque lumière vive annule en partie cette adaptation. Gardez les piles de rechange et votre téléphone au chaud dans une poche intérieure, car le froid décharge plus vite les batteries.
Ne laissez jamais la lampe s'user jusqu'à la batterie vide – gardez toujours une réserve pour les urgences.
3
Un petit feu, si c'est sûr et justifiable
Un petit feu donne de la chaleur, de la lumière et une tâche à accomplir. Uniquement sur sol minéral dégagé, loin des arbres, de la tente ou de la couverture de survie, jamais en cas de risque d'incendie de forêt ou d'interdiction de feu. Gardez-le petit, alimentez-le régulièrement et éteignez-le complètement avec de l'eau ou de la terre avant de partir.
Les feux en forêt sont en principe interdits en Allemagne et en Autriche et ne se justifient qu'en cas de réelle nécessité.
4
Calmer la respiration
Quand le cœur s'emballe : posez une main sur le ventre, inspirez par le nez pendant environ quatre secondes et expirez plus lentement, pendant environ six secondes. Relâchez volontairement les épaules et la mâchoire. Respirez ainsi quelques minutes – la longue expiration ralentit la réaction de stress du corps.
5
Nommer les bruits
Dites-vous doucement ce que vous entendez : « C'est le vent dans les arbres. » « C'est une souris qui fait bruire des feuilles sèches. » Bruits nocturnes typiques : troncs qui craquent, cônes et branches qui tombent, cris de hiboux, aboiement d'alarme du chevreuil, grognements de sangliers et cris stridents de renards. Dans les feuilles sèches, les petits animaux paraissent bien plus gros qu'ils ne sont. Si quelque chose vous inquiète : allumez la lumière, parlez fort ou sifflez – les animaux sauvages évitent presque toujours les humains.
6
De petites tâches donnent un point d'appui
Donnez un peu d'ordre à la nuit : alimentez le feu, vérifiez que vos pieds et vos mains sont au chaud, buvez quelques gorgées, mangez un peu, notez l'heure, repassez le plan du matin. Parler doucement, fredonner ou chanter une chanson dans sa tête aide aussi. Agir, c'est moins ruminer.
7
Se reposer plutôt que veiller obstinément
Allongez-vous bien isolé et laissez-vous somnoler – vous n'avez pas besoin de monter la garde toute la nuit. Si un bruit vous réveille : allumez brièvement la lumière, expirez lentement, nommez le bruit, recouchez-vous. Rappelez-vous que chaque nuit a une fin : notez à peu près quand il fera jour et décomptez les heures.
Erreurs courantes
×Ne commencer à chercher du bois et de quoi s'isoler du sol qu'à la tombée de la nuit
×Laisser la lampe allumée en permanence jusqu'à ce que la batterie soit vide
×Continuer à marcher la nuit par peur
×Interpréter chaque bruit comme un danger au lieu de le nommer
×S'allonger directement sur le sol froid
Limites et risques
–Ne traite ni les troubles anxieux ni les crises de panique
–Les régions avec des ours ou d'autres grands prédateurs ont leurs propres règles de comportement – elles sont prioritaires
Sources
[1]
Headquarters, Department of the Army (USA) (2002): FM 3-05.70 Survival
[2]
World Health Organization (2020): Doing What Matters in Times of Stress: An Illustrated Guide
Leave No Trace Center for Outdoor Ethics: The Seven Principles of Leave No Trace (Principle 5: Minimize Campfire Impacts)
https://lnt.org
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-fear-night-alone
12 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Les premières minutes après s'être perdu : freiner la panique, reprendre le contrôle
Le moment où vous réalisez que vous êtes perdu est dangereux – non pas à cause de la forêt, mais à cause de la panique. Beaucoup de gens se mettent alors à marcher plus vite, voire à courir, et se persuadent que la carte correspond encore. Cela aggrave tout. Ce guide montre pas à pas comment s'arrêter, s'asseoir, boire, vérifier honnêtement, tout noter, puis prendre une décision calme.
Ne courez pas et ne partez pas simplement « dans une direction quelconque ». Marcher en panique mène à des chutes et à des blessures, à des vêtements trempés de sueur qui vous refroidiront plus tard, et agrandit la zone que les secours doivent fouiller.
S'il fera nuit dans moins de deux heures environ, préparer la nuit est généralement plus important que toute tentative de retrouver son chemin.
Si vous avez du réseau, appelez tout de suite le 112 (en montagne autrichienne aussi le 140). Restez ensuite où vous êtes, gardez le téléphone accessible pour les rappels et économisez la batterie.
Matériel
Carnet de notes et crayon – Un crayon écrit même mouillé et par temps froid
Sifflet de signalisation
Téléphone mobile(facultatif)
Carte topographique(facultatif)
Boussole à plaque(facultatif)
Étapes
1
S'arrêter immédiatement
Dès que le doute s'installe, arrêtez-vous – sur place. Pas « juste jusqu'à la prochaine butte ». Chaque pas sans plan peut vous éloigner de votre itinéraire et des personnes qui vous cherchent. Si possible, marquez l'endroit avec un objet bien visible.
2
S'asseoir et respirer
Enlevez votre sac et asseyez-vous dessus pour ne pas être sur le sol froid. Respirez lentement pendant quelques minutes, en expirant plus longtemps qu'en inspirant. Dites à voix haute : « Je suis perdu. Ça arrive. J'ai le temps. » La panique retombe quand le corps se calme.
3
Boire et manger quelque chose
Buvez quelques gorgées et mangez un peu. Cela donne à vos mains une tâche tranquille, et la soif comme l'hypoglycémie nuisent à la réflexion. Enfilez une couche avant d'avoir froid – après avoir transpiré, on se refroidit vite en restant assis.
4
Vérifier honnêtement, ne pas tordre la carte
Demandez-vous : où étais-je pour la dernière fois tout à fait sûr de moi ? Que s'est-il passé depuis ? Que vois-je réellement maintenant ? Si le ruisseau, le chemin ou la pente ne correspondent pas à la carte, admettez : « Je ne sais pas où je suis. » N'expliquez pas les différences par de fausses raisons – c'est précisément cela, tordre la carte.
5
Tout noter
Notez l'heure, le dernier point sûr, l'itinéraire approximatif depuis, ce que vous voyez et entendez, l'eau, la nourriture, le niveau de batterie, la météo et la durée du jour restante. Écrire oblige à penser lentement et avec méthode – et ces notes aideront ensuite vous-même et les secours.
6
Appeler à l'aide et décider calmement
Si vous avez du réseau : appelez le 112, indiquez votre situation et vos notes, puis restez sur place. Sans réseau, la règle est généralement : restez, surtout si quelqu'un connaît votre itinéraire prévu, si vous êtes blessé ou si la nuit tombe bientôt. Ne vous déplacez que si l'objectif est sûr et certain – par exemple en revenant sur votre propre trace bien visible jusqu'au dernier point sûr.
Ne faites de courtes reconnaissances qu'à portée de vue de l'endroit marqué et avec un chemin de retour bien défini.
7
Se rendre repérable
Émettez des signaux forts selon un rythme fixe et écoutez entre-temps : dans les Alpes, le signal de détresse alpin (six signaux par minute, puis une minute de pause) ; ailleurs, trois coups sont généralement compris comme un appel à l'aide. Rendez bien visibles des vêtements voyants ou un panneau de signalisation. Si vous restez : occupez-vous tôt de l'isolation, de la chaleur et d'un endroit pour la nuit. Vous reprenez ainsi le contrôle, même si vous ne savez pas encore où vous êtes.
Erreurs courantes
×Marcher plus vite pour « rattraper le temps perdu »
×Tordre la carte au lieu d'admettre que l'on est perdu
×Partir en reconnaissance sans repère et perdre le point de départ
×Vider la batterie en cherchant dans des applications avant d'avoir passé l'appel d'urgence
×Suivre un ruisseau vers l'aval sans connaître les dangers
Limites et risques
–Pas un guide d'orientation – voir pour cela les fiches sur l'orientation
–Rester ou partir : cela dépend de la situation ; en cas de doute, restez
Sources
[1]
Robert J. Koester – dbS Productions (2008): Lost Person Behavior: A Search and Rescue Guide on Where to Look – for Land, Air and Water
[2]
Headquarters, Department of the Army (USA) (2002): FM 3-05.70 Survival
[3]
European Commission: 112 – the European emergency number
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-lost-panic-woods-shock
13 · Stress et panique · Relecture par un expert à venir
Supporter la douleur et la blessure quand les secours sont loin
Une blessure loin de tout secours fait peur, et la peur renforce la douleur. Après l'appel d'urgence et les premiers gestes simples, vous pouvez faire beaucoup pour rendre la douleur plus supportable : respirer calmement, diriger votre attention, décrire la douleur de façon factuelle, vous distraire, ménager vos forces, rester au chaud et découper le temps en petites tranches. Cela ne remplace pas un traitement – cela aide à tenir jusqu'à l'arrivée des secours.
En cas de blessure, d'hypothermie ou quand vous ne savez plus quoi faire : appelez immédiatement le 112 (en Autriche aussi le 144 pour l'ambulance et le 140 pour le secours en montagne). Dans l'UE, le 112 fonctionne sans crédit et souvent via d'autres réseaux.
Signes d'alerte qui imposent d'appeler (de nouveau) le 112 immédiatement : peau pâle, froide, en sueur, pouls rapide, agitation ou confusion, essoufflement croissant, saignement abondant ou qui augmente, douleur à la poitrine ou au ventre, engourdissement ou paralysie.
Des antidouleurs seulement si vous les connaissez et les supportez, et uniquement selon la notice. Pas d'alcool – il refroidit et altère le jugement.
N'appliquez jamais le froid directement sur la peau (enveloppez la neige ou la poche de froid dans un tissu) et ne refroidissez que brièvement. Gardez en même temps le reste du corps au chaud.
Matériel
Téléphone mobile
Trousse de premiers secours (domicile)(facultatif) – Une petite trousse de premiers secours pour la route
Couverture de survie
Carnet de notes et crayon(facultatif) – Pour les notes de douleur et les heures
Étapes
1
Sécurité et appel d'urgence
Si nécessaire, éloignez-vous d'un danger immédiat (chute de pierres, eau) – mais seulement si vous pouvez le faire sans trop bouger. Appelez ensuite le 112 (en Autriche aussi le 144, ou le 140 en montagne) : ce qui s'est passé, où vous êtes, quelle blessure. Suivez les instructions et gardez le téléphone à portée de main.
2
Premiers secours simples
Arrêtez un saignement abondant par une pression ferme et directe. Positionnez et soutenez une jambe ou un bras douloureux de la façon qui fait le moins mal et ne le bougez pas inutilement. Refroidissez brièvement les hématomes avec de la neige enveloppée ou de l'eau froide. Isolez du sol et gardez au chaud avec une couverture de survie et des vêtements.
Uniquement des premiers secours pour non-professionnels – ne remettez rien en place, ne retirez aucun objet des plaies.
3
Expirer lentement
Avec la douleur, on retient souvent son souffle sans s'en rendre compte et on se crispe entièrement. Inspirez plutôt calmement et expirez longuement, comme si vous faisiez doucement vaciller une bougie. À chaque expiration, relâchez les épaules, la mâchoire et les mains. Des muscles tendus autour de la blessure font mal en plus.
4
Décrire la douleur de façon factuelle
Donnez à la douleur une note de 0 à 10 et décrivez-la de façon neutre : où exactement ? Lancinante, sourde, pulsatile ? Augmente-t-elle ou diminue-t-elle ? Notez l'heure et la note, environ toutes les heures. Cela remplace des pensées comme « Ça empire sans arrêt » par des faits – et c'est une information précieuse pour les secouristes.
5
Diriger son attention
Dirigez volontairement votre attention vers autre chose : comptez cinq choses que vous voyez, quatre que vous entendez, trois que vous ressentez. Calcul mental, chanson dans la tête, parcours d'un trajet familier en pensée, projets pour plus tard. De petites tâches, comme préparer des signaux, distraient aussi.
6
Ménager ses forces
Ne vous déplacez que si c'est nécessaire – par exemple de quelques mètres pour sortir du vent ou de l'humidité. Faites-le alors par courtes étapes avec des pauses, et ne « testez » pas sans cesse la blessure. Ensuite, restez allongé ou assis sans bouger et gardez la partie blessée soutenue.
7
Rester au chaud et découper le temps
La chaleur, quelques gorgées d'eau et un peu de nourriture rendent la douleur et les frissons plus supportables. Découpez le temps d'attente en petites tranches : « Jusqu'à la prochaine heure pleine. » Dites-vous : « Les secours arrivent. Mon travail, c'est de rester calme et au chaud. » Surveillez les signes d'alerte et rappelez le 112 si la situation s'aggrave.
Erreurs courantes
×Retarder l'appel d'urgence par gêne ou dans l'espoir que cela s'améliore
×Bouger et tester sans cesse la partie du corps blessée
×Appliquer de la neige directement sur la peau
×Boire de l'alcool contre la douleur
×Lutter contre la douleur et se crisper complètement
Limites et risques
–Uniquement des premiers secours pour non-professionnels, aucun traitement médical
–Aucune indication de posologie pour les médicaments
Sources
[1]
European Resuscitation Council – Resuscitation (journal) (2021): European Resuscitation Council Guidelines 2021: First Aid
International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies (IFRC) – Global First Aid Reference Centre (2020): International First Aid, Resuscitation, and Education Guidelines 2020
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-pain-injury-coping
14 · Décisions · Relecture par un expert à venir
Bien décider sous pression : priorités et pièges de la pensée
Sous le stress, on retombe sur des raccourcis : on s'accroche au plan initial, on sous-estime les nouveaux dangers ou on suit la foule. Une simple liste de priorités – d'abord le danger de mort, puis les blessures, la protection contre les intempéries, l'eau, la communication, la nourriture – ainsi que des points de demi-tour et de déclenchement fixés à l'avance aident à éviter ces pièges de la pensée.
Les alertes officielles et les ordres d'évacuation sont prioritaires sur vos propres réflexions. Hésiter, c'est souvent perdre la possibilité de partir en sécurité.
En cas de danger de mort immédiat, ne délibérez pas – agissez : mettez-vous en sécurité et appelez le numéro d'urgence (112 dans l'UE).
Étapes
1
Connaître les priorités
1. Écarter le danger de mort immédiat et appeler à l'aide. 2. Prendre en charge les blessures. 3. Se protéger du froid, de l'humidité ou de la chaleur. 4. Eau. 5. Communication et signaux. 6. Nourriture. L'ordre peut varier selon la situation – c'est un point de départ.
2
Fixer à l'avance les points de déclenchement et de demi-tour
Decide in advance when you will act: "At 2 pm we turn back wherever we are", "With a severe weather warning we do not set off", "If evacuation is advised, we leave immediately".
3
Nommer les pièges de la pensée
Demandez-vous : est-ce que je m'accroche au plan uniquement parce que j'ai déjà tant investi ? Est-ce que je sous-estime la situation parce qu'elle m'est inconnue ? Est-ce que je ne fais que suivre les autres ?
4
Énoncer les options à voix haute
Nommez deux ou trois options, chacune avec sa pire issue réaliste. Choisissez l'option dont le pire scénario est le plus supportable.
5
Inviter à la contradiction
En groupe, demandez explicitement s'il y a des objections. Quiconque a des réserves doit pouvoir les exprimer sans passer pour un rabat-joie.
6
Réévaluer régulièrement
Réévaluez vos décisions à intervalles fixes et à chaque nouvelle information. Faire demi-tour ou changer de plan n'est pas un échec.
Erreurs courantes
×S'accrocher au sommet ou à la destination alors que les conditions se dégradent
×Ignorer les avertissements parce que « ça n'a jamais été grave jusqu'ici »
×Laisser les décisions à la personne la plus bruyante
×Ne fixer les limites qu'une fois dans la situation
Limites et risques
–Règles empiriques, sans garantie de bonnes décisions
–Les consignes officielles sont prioritaires
Sources
[1]
Headquarters, Department of the Army (USA) (2002): FM 3-05.70 Survival
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-decisions-under-stress
15 · Décisions · Relecture par un expert à venir
Reconnaître les rumeurs et les fausses informations en situation de crise
En situation de crise, les rumeurs se propagent vite, car les informations manquent et la peur est forte. De fausses informations peuvent mener à des décisions dangereuses, comme de mauvais itinéraires d'évacuation ou des achats de panique. Connaître les sources officielles, vérifier les informations et ne rien transmettre sans l'avoir vérifié vous protège, vous et les autres.
Lorsque les informations se contredisent, les consignes des autorités responsables et des secours sur place priment sur les messages des réseaux sociaux ou des messageries.
Matériel
Radio à piles ou à manivelle(facultatif)
Étapes
1
Définir ses sources
Notez à l'avance : sites des autorités, applications d'alerte, radio régionale. En cas de coupure de courant, une radio à piles.
2
Qui le dit ?
La source est-elle identifiable et responsable ? « Un ami d'un policier a dit… » n'est pas une source.
3
Quand et où ?
Vérifiez la date, le lieu et le contexte. D'anciennes images et d'anciennes informations réapparaissent souvent lors de nouvelles crises.
4
Recouper
Est-ce aussi rapporté par des organismes officiels ou par plusieurs médias reconnus ?
5
Ne pas transférer
Ne partagez rien sans vérification. En cas de doute, demandez ou renvoyez à la source officielle.
Erreurs courantes
×Transférer « par précaution »
×Se fier aux titres sensationnalistes
×Ne s'appuyer que sur une seule source
×Prendre d'anciennes informations pour des informations actuelles
Limites et risques
–Pas un guide de vérification technique des images
Sources
[1]
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
[2]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-rumours-misinformation
16 · Décisions · Relecture par un expert à venir
Alléger la charge de décision dans les crises longues
En situation de crise, des décisions se présentent sans cesse – souvent dans la fatigue, sous la pression du temps et avec des informations incomplètes. S'appuyer sur des routines, des listes de contrôle et des règles convenues à l'avance, partager les décisions et réserver les questions importantes aux moments où l'on est reposé permet de garder des forces pour l'essentiel.
Ne prenez pas seul et épuisé des décisions touchant à la sécurité (conduite, appareils à gaz, évacuation) ; si possible, faites revérifier par une seconde personne.
Étapes
1
Fixer des routines
Réglez une fois pour toutes ce qui revient : heures des repas, ration d'eau, moments pour les informations, heures de recharge des appareils.
2
Convenir de seuils de déclenchement
Décidez à l'avance quels signes déclenchent l'action (par ex. « Si l'eau monte jusqu'à X, nous partons »).
3
Partager les décisions
Répartissez les responsabilités (nourriture, enfants, informations, technique) ; ne adressez pas chaque question à une seule personne.
4
Choisir le bon moment
Reportez les grandes décisions non urgentes à des moments où vous êtes reposé, par exemple après avoir dormi et mangé.
5
Accepter le « assez bien »
Pour les petites choses, prenez la première option raisonnable au lieu de chercher la solution parfaite.
Erreurs courantes
×Tout décider sur le vif
×Une seule personne décide de tout
×Décisions importantes prises la nuit et en état d'épuisement
×Chercher sans fin la meilleure solution pour des détails secondaires
Limites et risques
–Pas d'aide en cas de danger immédiat – des priorités fixes s'appliquent alors
Sources
[1]
Ready.gov – U.S. Federal Emergency Management Agency (FEMA): Make A Plan
https://www.ready.gov/plan
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-decision-fatigue
17 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Garder un groupe calme et capable d'agir en situation de crise
Qu'il s'agisse d'une famille, d'un voisinage, d'un groupe de voyageurs ou d'un abri d'urgence : un groupe reste plus calme lorsqu'il reçoit des informations fiables, que chacun a une tâche, que les besoins de base sont organisés et que personne n'est laissé seul. Une personne qui coordonne avec calme, des accords clairs et une communication ouverte et honnête font plus que des slogans mobilisateurs.
En cas d'idées suicidaires ou d'automutilation, de danger pour autrui ou si quelqu'un perd complètement le contrôle : appelez immédiatement le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'aide locale et ne laissez pas la personne seule.
Les consignes des autorités et des secours sont prioritaires. Ne transmettez pas de rumeurs ; vérifiez-les auprès de sources officielles.
Ne poussez personne à parler de ce qu'il a vécu. Écouter quand quelqu'un veut parler suffit souvent.
Matériel
Radio à piles ou à manivelle(facultatif) – Des informations fiables à heures fixes
Lampe frontale / lampe de poche(facultatif)
Étapes
1
Définir la coordination
Une personne calme se charge de la coordination – pas forcément la plus bruyante. Elle recueille les informations, répartit les tâches et prend les décisions après une brève concertation.
2
Rester ensemble et compter
Gardez tout le monde ensemble, comptez les personnes, formez des binômes qui veillent l'un sur l'autre. Quiconque quitte le groupe le dit.
3
Informer honnêtement
Dites brièvement et calmement ce que l'on sait, ce que l'on ne sait pas et ce qui va se passer ensuite. Convenez d'heures fixes pour les points d'information au lieu d'échanger sans cesse des rumeurs.
4
Répartir les tâches
Chacun reçoit une tâche adaptée : eau, lumière, repas, occuper les enfants, écouter la radio, prendre des nouvelles des voisins. Les personnes anxieuses en particulier gagnent à avoir quelque chose d'utile à faire.
5
Assurer les besoins de base
Organisez de la chaleur ou de la fraîcheur, de l'eau, de la nourriture, des toilettes, des endroits pour se reposer et dormir. La faim, la soif, le froid et la fatigue amplifient la peur et les conflits.
6
Veiller sur les plus vulnérables
Gardez volontairement un œil sur les enfants, les personnes âgées, malades ou handicapées, ainsi que sur les personnes très silencieuses ou très agitées.
7
Aborder les conflits tôt
Abordez les tensions calmement et tôt, partagez les ressources de façon équitable et visible, expliquez les décisions. En cas de menaces ou de violence, gardez vos distances et appelez le numéro d'urgence.
8
Se fixer de petits objectifs
Fixez-vous des objectifs réalisables pour les prochaines heures et nommez les réussites (« L'eau est assurée », « Tout le monde est au chaud »). Cela renforce la confiance.
Erreurs courantes
×Retenir ou enjoliver les informations
×Donner des ordres à voix haute au lieu d'expliquer
×Faire circuler des rumeurs sans esprit critique
×Exclure des personnes ou les laisser seules
×Négliger les besoins de base comme le sommeil et la nourriture
Limites et risques
–Ce n'est pas un guide pour la direction des opérations ou les services de sécurité
–En cas de violence, appelez le numéro d'urgence, ne cherchez pas à arbitrer à tout prix
Sources
[1]
Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence
https://doi.org/10.1521/psyc.2007.70.4.283
[2]
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
[3]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-group-calm
18 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Aider les enfants à surmonter leurs peurs en situation de crise
Les enfants prennent beaucoup exemple sur les adultes qui s'occupent d'eux. La proximité, un ton calme, des explications honnêtes et adaptées à leur âge, des routines familières et le jeu leur sont le plus utiles. Les régressions, comme le fait de s'accrocher, l'énurésie ou les troubles du sommeil, sont fréquentes après des événements éprouvants. Si de fortes réactions persistent, cherchez un soutien professionnel.
En cas d'idées suicidaires ou d'automutilation, de danger pour autrui ou si quelqu'un perd complètement le contrôle : appelez immédiatement le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'aide locale et ne laissez pas la personne seule.
Évitez autant que possible de séparer les enfants de leurs adultes de référence. Lors des évacuations et dans les abris, veillez à ce que les jeunes enfants portent sur eux le nom et les coordonnées de leurs parents (par exemple un mot dans leur veste).
Les images et reportages incessants sur les catastrophes à la télévision et sur les réseaux sociaux peuvent effrayer davantage les enfants. Limitez l'exposition aux médias et parlez-en ensemble.
Matériel
Objets de réconfort et d'occupation pour les enfants – Peluche, jeu, crayons : aussi dans le sac d'urgence
Étapes
1
D'abord reprendre son souffle soi-même
Faites une courte pause et expirez calmement avant de parler à l'enfant. Les adultes aussi peuvent montrer leur peur – l'important est qu'ils donnent l'impression d'être capables d'agir.
2
Offrir de la proximité
Restez auprès de l'enfant, offrez-lui un contact physique, mettez-vous à sa hauteur. Les petits ont surtout besoin de proximité et d'une voix familière.
3
Expliquer honnêtement et simplement
En quelques phrases courtes et adaptées à l'âge, dites ce qui s'est passé et ce que font les adultes pour que tout le monde soit en sécurité. Répondez aux questions ; « Je ne sais pas encore » est une réponse honnête. Ne faites pas de promesses dont vous n'êtes pas sûr.
4
Laisser place aux émotions
Nommez et acceptez la peur, la colère ou la tristesse (« C'était vraiment effrayant »). Ne vous en moquez pas et ne les minimisez pas.
5
Garder les routines
Conservez autant que possible des horaires fixes pour les repas, le sommeil et le jeu. Poursuivez les rituels familiers, comme l'histoire du soir.
6
Jouer et occuper
Le jeu, le dessin et le mouvement aident les enfants à assimiler ce qu'ils ont vécu. De petites tâches (tenir la lampe de poche, distribuer l'eau) donnent le sentiment de pouvoir aider.
7
Observer les réactions
S'accrocher, régresser, faire des cauchemars, avoir mal au ventre ou être irritable sont des réactions fréquentes après des événements éprouvants. Réagissez avec patience. Si de fortes réactions persistent pendant des semaines ou si un enfant parle de se faire du mal, cherchez une aide professionnelle.
Erreurs courantes
×Mentir aux enfants ou ne pas les informer du tout
×Laisser les enfants entendre les conversations d'adultes sur les peurs et les nouvelles terrifiantes
×Punir les régressions
×Séparer inutilement les enfants de leurs adultes de référence
×Ignorer sa propre fatigue
Limites et risques
–Pas de diagnostic des troubles liés à un traumatisme
–En cas de réactions durables ou graves, faites appel à des professionnels
Sources
[1]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-children-fears
19 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Sommeil et structure de la journée dans les longues crises
Une coupure de courant de plusieurs jours, une évacuation ou un long isolement usent surtout par l'incertitude et le manque de sommeil. Une structure quotidienne simple, des temps de repos protégés, des tours de veille et de repos dans le groupe, la lumière du jour, le mouvement et des horaires fixes pour les informations aident à rester capable d'agir pendant des jours et des semaines.
Une fatigue intense ralentit les réactions et altère le jugement. Ne conduisez pas, ne manipulez pas d'outils, de feu ou de groupes électrogènes et ne prenez pas seul de décisions risquées lorsque vous êtes épuisé.
N'utilisez jamais de barbecue, de réchaud à gaz, de chauffage d'extérieur ou de groupe électrogène pour chauffer une pièce où l'on dort : le monoxyde de carbone est inodore et peut tuer pendant le sommeil.
N'utilisez des bouchons d'oreilles que si les avertissements, alarmes ou appels seront tout de même entendus – par exemple parce que quelqu'un monte la garde.
Matériel
Bouchons d'oreilles et masque de sommeil(facultatif)
Matelas de sol(facultatif)
Couverture de laine / couette(facultatif)
Lampe frontale / lampe de poche(facultatif) – Le mode lumière rouge ou atténuée dérange moins le sommeil des autres
Étapes
1
Établir un plan de la journée
Convenez d'horaires fixes pour le lever, les repas, les tâches, les informations, le repos et le sommeil, et notez-les à un endroit visible de tous.
2
Tours de veille et de repos
Si quelqu'un doit rester éveillé (enfants, malades, surveillance, feu dans le poêle), organisez des tours de veille pour que chacun puisse dormir sans interruption pendant une période continue.
3
Améliorer le couchage
Au chaud, au sec, aussi sombre et calme que possible : isolation par rapport au sol, couvertures, masque de nuit, bouchons d'oreilles si approprié. Laissez les enfants dormir près de personnes familières.
4
Lumière du jour et mouvement
Dans la journée, cherchez la lumière du jour et bougez autant que possible en toute sécurité. Cela aide beaucoup de personnes à s'endormir plus facilement le soir.
5
Doser les informations
Écoutez les informations officielles à heures fixes plutôt qu'en continu. Une personne suit la situation et transmet l'essentiel.
6
Ralentir le soir
Évitez la caféine en fin de journée, n'utilisez pas l'alcool pour dormir, faites quelque chose de calme avant le sommeil (lecture à voix haute, discussion, respiration calme).
7
Se reposer brièvement si nécessaire
Si le sommeil manque la nuit, prévoyez de courtes périodes de repos pendant la journée – surtout avant des tâches exigeantes ou risquées.
Erreurs courantes
׫ Tenir bon » pendant des jours sans dormir
×Suivre en permanence les informations et les réseaux sociaux
×Boire de l'alcool pour s'endormir
×Sources de chaleur dangereuses dans la pièce où l'on dort
×Aucun partage des tâches : une seule personne porte tout
Limites et risques
–Pas de traitement des troubles du sommeil
–Aucune recommandation sur les somnifères ou les calmants
–Pas de durées fixes en heures : les besoins varient d'une personne à l'autre
Sources
[1]
Headquarters, Department of the Army (USA) (2002): FM 3-05.70 Survival
[2]
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-sleep-routine
20 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Supporter une longue attente et l'ennui
Qu'on soit bloqué par la neige, dans un hébergement d'urgence ou pendant une longue coupure de courant : attendre use, car on peut agir sur très peu de choses. Une structure simple pour la journée, de petites tâches utiles, des mouvements sans danger et des horaires fixes pour s'informer aident à limiter les ruminations et l'irritabilité.
L'activité ne doit pas conduire à des comportements risqués, comme explorer un terrain dangereux ou dépenser de l'énergie au détriment de la chaleur et des provisions.
Matériel
Objets de réconfort et d'occupation pour les enfants(facultatif)
Carnet de notes et crayon(facultatif)
Étapes
1
Organiser la journée
Fixez des horaires pour les repas, le sommeil, les tâches et l'information, même s'ils vous paraissent arbitraires.
2
Petites tâches
Répartissez les tâches : compter les provisions, rationner l'eau, tenir des notes, ranger le camp, préparer des signaux.
3
Mouvement
Bougez doucement dans une zone sûre, par exemple en vous étirant ou en faisant de courtes marches, si la chaleur et l'énergie le permettent.
4
Moments d'information
Consultez les nouvelles et la radio à heures fixes plutôt qu'en permanence. Cela économise la batterie et les nerfs.
5
Occupation
Conversation, jeux de cartes ou de mots, lecture, récits, journal de bord. Impliquez les enfants.
6
Bilan de la journée
Le soir, noter brièvement ce qui a été fait et ce qui est prévu pour demain.
Erreurs courantes
×Consulter les nouvelles en permanence
×Inactivité totale
×Prendre des risques inutiles par ennui
×Abandonner le rythme du sommeil
Limites et risques
–Pas un traitement de la dépression ou des troubles anxieux
Sources
[1]
World Health Organization (2020): Doing What Matters in Times of Stress: An Illustrated Guide
Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence
https://doi.org/10.1521/psyc.2007.70.4.283
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-waiting-boredom
21 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Garder espoir : petits objectifs et étapes
Celui qui ne voit que l'objectif lointain et lourd perd facilement courage pendant les longues périodes d'épreuve. Des sous-objectifs réalistes, des progrès visibles et l'attention portée à ce que l'on peut influencer maintiennent la motivation et la capacité d'agir, sans embellir la situation.
En cas d'idées suicidaires ou d'automutilation, de danger pour autrui ou si quelqu'un perd complètement le contrôle : appelez immédiatement le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'aide locale et ne laissez pas la personne seule.
Les objectifs ne doivent pas vous pousser à des décisions risquées, par exemple continuer sur un itinéraire dangereux simplement parce que vous vous êtes fixé une étape.
Étapes
1
Nommer la situation
Dites honnêtement ce qui se passe, y compris les aspects difficiles. L'espoir sans honnêteté s'effondre vite.
2
Clarifier ce que l'on maîtrise
Faites la distinction : sur quoi puis-je / pouvons-nous agir, et sur quoi non ? Concentrez votre énergie sur le premier point.
3
Fixer des sous-objectifs
De petits objectifs concrets pour quelques heures ou une journée : « eau traitée d'ici midi », « deux formulaires remplis aujourd'hui ».
4
Rendre les progrès visibles
Cochez ou notez ce qui est fait. En groupe, reconnaissez brièvement ensemble ce qui a été accompli.
5
Sens et valeurs
Rappelez-vous pour quoi vous tenez bon : famille, amis, projets. Accordez-vous consciemment de petits plaisirs.
Erreurs courantes
×Promesses irréalistes (« Demain, tout sera fini »)
×Ne regarder que l'objectif final
×Interpréter les revers comme un échec
Limites et risques
–Ne remplace pas une aide spécialisée en cas de désespoir
Sources
[1]
Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence
https://doi.org/10.1521/psyc.2007.70.4.283
[2]
World Health Organization (2020): Doing What Matters in Times of Stress: An Illustrated Guide
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-hope-goals
22 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Désamorcer les conflits dans les groupes sous stress
La promiscuité, la fatigue, la faim et la peur rendent les disputes plus probables. Aborder tôt les tensions, convenir de règles claires pour les décisions et le partage, et ralentir le rythme dans les moments tendus empêche les conflits de paralyser le groupe ou de dégénérer.
En cas de violence, de menaces ou d'armes, ne vous interposez pas : prenez de la distance, mettez les autres en sécurité et appelez le numéro d'urgence local (112 dans l'UE).
L'alcool et le manque de sommeil abaissent les inhibitions. N'ayez pas de conversations difficiles à ces moments-là.
Étapes
1
Vérifier les besoins de base
Tout le monde est-il nourri, au chaud, reposé ? Beaucoup de conflits s'apaisent après un repas, une pause ou du sommeil.
2
Convenir de règles
Clarifiez tôt : comment les décisions sont-elles prises ? Comment partager les provisions, les tâches et les temps de repos ? Rendez les règles visibles pour tous.
3
Ralentir le rythme
Dans un moment tendu, proposez une pause, séparez physiquement les personnes, parlez plus bas. Ne réglez pas le différend devant un public.
4
Écouter les deux parties
Chacun décrit son point de vue sans être interrompu. Résumez ce que vous avez compris.
5
Intérêts plutôt que positions
Demandez ce qui se cache derrière l'exigence (sécurité, équité, calme) et cherchez des solutions qui tiennent compte des deux côtés.
6
Convenir et vérifier
Prenez un accord concret et vérifiez ensemble, au bout d'un moment, s'il fonctionne.
Erreurs courantes
×Ignorer les conflits jusqu'à ce qu'ils dégénèrent
×Prendre parti quand on est médiateur
×Discuter en état d'épuisement ou sous l'effet de l'alcool
×Partage flou ou injuste
Limites et risques
–Ne convient pas en cas de violences conjugales ou familiales : dans ce cas, services spécialisés et appel d'urgence
Sources
[1]
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
[2]
Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence
https://doi.org/10.1521/psyc.2007.70.4.283
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-group-conflict
23 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Annoncer une mauvaise nouvelle aux enfants
Les enfants sentent quand quelque chose ne va pas. Une information honnête et adaptée à leur âge, donnée par une personne familière, fait généralement moins peur que le silence ou les détours. L'essentiel : un moment calme, des mots simples, de la place pour les questions et les émotions, et l'assurance de savoir qui continuera à s'occuper d'eux.
Si un enfant dort à peine pendant des semaines, se replie fortement sur lui-même, ne mange plus ou parle de se faire du mal : faites appel à un pédiatre, à un service de conseil ou à un spécialiste de la santé mentale de l'enfant. En cas de danger aigu, appelez le numéro d'urgence local (112 dans l'UE).
Ces conseils ne remplacent pas une aide psychologique ou médicale. Si la détresse dure des semaines ou paralyse la vie quotidienne, faites appel à un médecin de famille, à un service d'écoute ou à un professionnel de la santé mentale.
Matériel
Objets de réconfort et d'occupation pour les enfants(facultatif)
Étapes
1
Préparer
Clarifiez les faits, mettez brièvement de l'ordre dans vos propres émotions, choisissez un endroit et un moment calmes. Idéalement, c'est la personne la plus familière qui parle.
2
Dire les choses simplement et avec vérité
Des phrases courtes, des mots clairs, pas d'euphémismes qui peuvent semer la confusion. Adaptez-vous à l'âge de l'enfant.
3
Laisser place aux émotions
Pleurs, colère, silence ou indifférence apparente sont tous possibles. Ne jugez pas ; restez présent.
4
Répondre aux questions
Répondez honnêtement ; « Je ne sais pas encore » est permis. Les enfants posent souvent plusieurs fois la même question : c'est normal.
5
Déculpabiliser
Dites clairement que ce n'est pas la faute de l'enfant.
6
Ce qui se passe maintenant
Expliquez qui s'occupe de lui, où il va dormir et ce qui va se passer ensuite. Gardez les routines familières.
Erreurs courantes
×Mensonges ou fausses promesses
×Euphémismes déroutants
×Laisser les enfants entendre sans le vouloir des nouvelles ou des conversations d'adultes
×S'attendre à ce que l'enfant réagisse « correctement » tout de suite
Limites et risques
–Pas une thérapie du deuil
–Pas de normes d'âge pour les réactions
Sources
[1]
National Child Traumatic Stress Network and National Center for PTSD (USA) (2006): Psychological First Aid: Field Operations Guide, 2nd Edition
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-bad-news-children
24 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Soutenir moralement les personnes âgées en situation de crise
Les personnes âgées apportent souvent beaucoup d'expérience de vie, mais peuvent être particulièrement éprouvées par une mobilité réduite, des problèmes de vue ou d'audition, les médicaments et la perte de leur environnement familier. Le respect, le temps, des informations claires et le maintien de l'autonomie sont essentiels.
Une confusion soudaine, une désorientation ou un changement marqué de comportement peuvent être une urgence médicale (par ex. à cause d'une déshydratation, de la chaleur ou d'une infection). Cherchez une aide médicale ; en cas de danger aigu, appelez le numéro d'urgence local (112 dans l'UE).
Veillez à ce que les médicaments, les lunettes, les appareils auditifs et les aides à la marche soient à portée de main : leur absence augmente l'anxiété et la dépendance.
Étapes
1
Aborder avec respect
Appelez la personne par son nom, présentez-vous, parlez lentement et clairement, regardez-la dans les yeux. Ne lui parlez pas comme à un enfant.
2
Besoins pratiques
Demandez s'il y a des besoins concernant les médicaments, les aides techniques, les toilettes, la chaleur, la nourriture et les boissons.
3
Informer clairement
Répétez les informations importantes et, si besoin, écrivez-les (en gros caractères).
4
Impliquer
Laissez-les participer aux décisions et s'appuyer sur leur expérience. Proposez de petites tâches si elles le souhaitent.
5
Garder le contact
Prenez régulièrement des nouvelles, aidez à joindre les proches, impliquez les voisins.
Erreurs courantes
×Décider à leur place sans les consulter
×Laisser derrière soi les aides techniques
×Confondre problèmes d'audition ou de vue et confusion mentale
×Banaliser le repli sur soi comme « normal avec l'âge »
Limites et risques
–Pas un conseil en soins ou en médecine
Sources
[1]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-supporting-older-people
25 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Faire face à la solitude dans l'isolement
Une quarantaine, un lieu coupé du monde ou le fait de traverser une crise seul chez soi peuvent causer une grave solitude. Des contacts planifiés, de petits rituels, le fait de faire quelque chose pour les autres et des routines aident à rester en lien, même avec peu de technologie.
En cas d'idées suicidaires ou d'automutilation, de danger pour autrui ou si quelqu'un perd complètement le contrôle : appelez immédiatement le numéro d'urgence local (112 dans l'UE) ou une ligne d'aide locale et ne laissez pas la personne seule.
Ces conseils ne remplacent pas une aide psychologique ou médicale. Si la détresse dure des semaines ou paralyse la vie quotidienne, faites appel à un médecin de famille, à un service d'écoute ou à un professionnel de la santé mentale.
Matériel
Téléphone mobile(facultatif)
Radio à piles ou à manivelle(facultatif)
Étapes
1
Noter les contacts
Notez sur papier les personnes et numéros importants, au cas où le téléphone ou le réseau tomberait en panne.
2
Heures de contact fixes
Convenez de brefs appels ou messages quotidiens, par exemple un « Ça va » à heure fixe.
3
Être là pour les autres
Appelez vos voisins, organisez les courses, écoutez quelqu'un. Faire quelque chose pour les autres vous aide aussi.
4
Rituels
Gardez de petits rituels : petit-déjeuner à heure fixe, promenade le soir (si elle est autorisée et sûre), un journal.
5
Parler de ses sentiments
Parlez ouvertement de la solitude. Si elle devient accablante, faites appel à des services d'écoute ou à une ligne d'aide locale.
Erreurs courantes
×Se replier sur soi « pour ne déranger personne »
×Abandonner la structure de la journée
×Consommer les médias de façon uniquement passive
Limites et risques
–Ne soigne pas la dépression
Sources
[1]
Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence
https://doi.org/10.1521/psyc.2007.70.4.283
[2]
World Health Organization (2020): Doing What Matters in Times of Stress: An Illustrated Guide
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-loneliness-isolation
26 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Humour et moral dans le groupe : rire, rituels, petites réussites
Les rires partagés, les petits rituels et le fait de fêter les petites réussites soudent un groupe durant les longues périodes de tension. L'humour ne doit pas banaliser la situation ni jamais se faire aux dépens de quelqu'un. Veiller délibérément au moral – repas en commun, tour de table en fin de journée, dire merci – renforce la cohésion et l'endurance.
L'humour aux dépens de personnes blessées, en deuil ou marginalisées fait mal et divise le groupe. En cas de doute, riez de la situation, pas des personnes.
Ces conseils ne remplacent pas une aide psychologique ou médicale. Si la détresse dure des semaines ou paralyse la vie quotidienne, faites appel à un médecin de famille, à un service d'écoute ou à un professionnel de la santé mentale.
Étapes
1
Instaurer des rituels
Des moments partagés fixes : un repas, une tisane le soir, un court tour de table le matin avec le programme de la journée.
2
Rendre les petits succès visibles
Faites brièvement le point le soir : qu'est-ce qui a marché aujourd'hui ? Cochez ce qui est fait, dites merci.
3
De la place pour la légèreté
Prévoyez des jeux, des histoires, de la musique ou des souvenirs ; chacun peut apporter quelque chose.
4
Sentir l'ambiance
Tout le monde n'est pas d'humeur à plaisanter. Quelqu'un de silencieux ou de triste a plus besoin de présence que de blagues.
Erreurs courantes
×Imposer la bonne humeur
×Plaisanter aux dépens des personnes touchées
×Chasser les soucis par le rire au lieu de les prendre au sérieux
×Supprimer les rituels « parce qu'il n'y a pas le temps en ce moment »
Limites et risques
–Pas un traitement de l'abattement ou de la dépression
Sources
[1]
Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence
https://doi.org/10.1521/psyc.2007.70.4.283
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-humour-morale
27 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Quand des voisins refusent l'aide : proposer avec respect, laisser la porte ouverte
Certaines personnes refusent l'aide – par fierté, honte, méfiance ou parce qu'elles veulent rester indépendantes. C'est leur droit. Des offres concrètes et modestes, un ton calme et des prises de nouvelles régulières fonctionnent mieux que la pression. En cas de danger de mort immédiat – par exemple si quelqu'un refuse une évacuation ordonnée ou semble sans défense – informez les autorités ou le numéro d'urgence local.
Si quelqu'un semble confus, gravement malade, trop refroidi ou en surchauffe, ou ne réagit plus : appelez le numéro d'urgence local (112 dans l'UE). Si quelqu'un refuse une évacuation ordonnée officiellement, informez les services de secours au lieu de le contraindre vous-même.
N'entrez pas à plusieurs reprises dans des zones dangereuses pour faire changer quelqu'un d'avis.
Étapes
1
Demander plutôt que décider
« Avez-vous besoin de quelque chose ? » se refuse plus facilement qu'une offre concrète. Mieux vaut : « Je vais faire des courses – voulez-vous que je vous rapporte de l'eau ? »
2
Petit et réciproque
Proposez un petit coup de main ou demandez quelque chose en retour (un conseil, l'emprunt d'un outil) – cela préserve la dignité.
3
Accepter le non
Acceptez le refus sans reproche et dites quand vous repasserez ou comment on peut vous joindre.
4
Prendre des nouvelles régulièrement
Contacts courts convenus (sonner à la porte, un appel, un signe à la fenêtre), surtout en cas de chaleur, de froid ou de panne de courant.
5
Alerter en cas de danger
Si un danger de mort est manifeste, informez les services de secours ou les autorités compétentes – même contre la volonté de la personne.
Erreurs courantes
×Pression, culpabilisation ou menaces
×Décider à sa place sans la consulter
×Rompre le contact après le premier refus
×Taire un danger pour ne « dénoncer » personne
Limites et risques
–Aucune information juridique sur les mesures de contrainte
–Pas de conseil en soins ni en médecine
Sources
[1]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-neighbours-refusing-help
28 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Jouer en situation de crise : donner aux enfants de l'espace et de la normalité
Le jeu est pour les enfants le principal moyen d'assimiler les expériences et de ressentir de la normalité, même dans un hébergement d'urgence, lors d'une coupure de courant ou d'une évacuation. Un espace de jeu sûr, des moments de jeu fixes, du matériel simple et un adulte calme à proximité suffisent. Quand des enfants rejouent la catastrophe, c'est généralement normal ; un jeu qui persiste, très angoissé ou figé est préoccupant.
Vérifiez que les espaces de jeu ne présentent pas de dangers : gravats, verre, eau de crue, lignes électriques, circulation, gaz d'échappement de groupe électrogène. Ne laissez pas les enfants jouer sans surveillance dans un environnement inconnu.
Ces conseils ne remplacent pas une aide psychologique ou médicale. Si la détresse dure des semaines ou paralyse la vie quotidienne, faites appel à un médecin de famille, à un service d'écoute ou à un professionnel de la santé mentale.
Matériel
Objets de réconfort et d'occupation pour les enfants(facultatif)
Lampe frontale / lampe de poche(facultatif)
Étapes
1
Créer un endroit sûr
Aménagez un coin calme ou un espace délimité, de préférence toujours le même.
2
Matériel simple
Papier, crayons, cartes, dés, balles, cartons, livres, jouets préférés : rien de plus n'est nécessaire.
3
Moments de jeu fixes
Intégrez le jeu dans le déroulement de la journée, en alternant jeux calmes et jeux actifs.
4
Accompagner, ne pas diriger
Laissez les enfants jouer à ce qu'ils veulent ; écoutez-les quand ils parlent ; répondez à leurs questions honnêtement et de façon adaptée à leur âge.
5
Surveiller
Si un enfant rejoue pendant longtemps la même scène éprouvante, semble désespéré en le faisant ou cesse complètement de jouer, faites appel à des professionnels (pédiatre, service de conseil).
Erreurs courantes
×Interdire de jouer parce que ce serait déplacé
×Empêcher ou punir les jeux de catastrophe
×Occuper les enfants en permanence avec des écrans
×Laisser les enfants écouter les informations et les conversations d'adultes
Limites et risques
–Pas de thérapie par le jeu
–Pas de diagnostic de la détresse de l'enfant
Sources
[1]
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
[2]
National Child Traumatic Stress Network and National Center for PTSD (USA) (2006): Psychological First Aid: Field Operations Guide, 2nd Edition
Ready.gov – U.S. Federal Emergency Management Agency (FEMA): Ready Kids
https://www.ready.gov/kids
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-children-play-crisis
29 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Renforcer la communauté : le voisinage comme facteur de protection
Les quartiers dont les habitants se connaissent s'informent et se soutiennent souvent mutuellement en cas de crise, avant même que les secours puissent arriver. De petites démarches avant une crise – une liste de contacts, un point de rencontre, qui a besoin d'aide, qui sait faire quoi – et des actions communes après renforcent le sentiment de pouvoir agir ensemble. Chacun doit être inclus, y compris les personnes âgées, les nouveaux arrivants et les personnes handicapées.
L'entraide de voisinage ne remplace pas les services de secours. N'entrez pas dans les zones dangereuses, suivez les consignes officielles et, en cas d'urgence, appelez le numéro d'urgence local (112 dans l'UE).
Ne tenez des listes de contacts qu'avec consentement et conservez-les en lieu sûr ; ne notez des informations de santé que si les personnes concernées le souhaitent expressément.
Étapes
1
Faire connaissance
Créez une occasion : fête de la cour, affichage, rencontre dans la cage d'escalier. Le but est le contact, pas un plan d'urgence immédiat.
2
Recenser les besoins et les compétences
Recensez sur la base du volontariat : qui a besoin d'aide en cas d'urgence ? Qui a des compétences en premiers secours, des outils, un réchaud, des compétences linguistiques ?
3
Accords simples
Point de rencontre, chaîne de contacts, lieu d'affichage des informations, qui va voir qui.
4
S'exercer et entretenir
Mettez la liste à jour chaque année, faites de temps en temps quelque chose ensemble (échange de provisions, cours de premiers secours, jardin partagé).
5
Après un événement
Nettoyer ensemble, partager les informations, commémorer et fêter ce qui s'est bien passé ; relayer les offres de soutien officielles.
Erreurs courantes
×Faire de la « préparation aux crises » le seul sujet – cela rebute beaucoup de monde
×Exclure certaines personnes
×Afficher publiquement des données sensibles
×Tout faire reposer sur une seule personne engagée
Limites et risques
–Aucun conseil juridique sur les associations ou la protection des données
Sources
[1]
Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence
https://doi.org/10.1521/psyc.2007.70.4.283
[2]
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
[3]
Bundesamt für Bevölkerungsschutz und Katastrophenhilfe (BBK), Deutschland: Ratgeber für Notfallvorsorge und richtiges Handeln in Notsituationen
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-community-resilience
30 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
La volonté de survivre : l'état d'esprit qui permet de tenir
Celui qui est bloqué dans la nature a besoin non seulement de chaleur, d'eau et de signaux, mais aussi d'un état d'esprit qui permet de tenir. Cet état d'esprit peut s'entraîner : accepter la situation, faire d'abord l'essentiel, penser en petits objectifs, se parler avec bienveillance, penser à des raisons de tenir, prendre soin de son corps, et s'autoriser brièvement les revers avant de continuer.
La détermination ne doit pas tourner à l'excès de confiance : continuer épuisé expose aux chutes et à l'hypothermie. Souvent, rester, se reposer et se faire retrouver est la décision la plus forte.
Le désespoir, une grande fatigue et la confusion peuvent aussi être des signes d'hypothermie, de déshydratation ou d'épuisement. Alors d'abord la chaleur, boire et se reposer – et un appel d'urgence si possible.
En cas de blessure, d'hypothermie ou quand vous ne savez plus quoi faire : appelez immédiatement le 112 (en Autriche aussi le 144 pour l'ambulance et le 140 pour le secours en montagne). Dans l'UE, le 112 fonctionne sans crédit et souvent via d'autres réseaux.
Matériel
Carnet de notes et crayon(facultatif) – Pour les objectifs, les tâches accomplies et les pensées
Étapes
1
Accepter la situation
Dites-le à voix haute : « Je suis bloqué. C'est comme ça maintenant. À partir de maintenant, je prends bien soin de moi. » Accepter ne signifie pas abandonner, mais cesser de gaspiller son énergie sur « Ce n'est pas possible ». Celui qui accepte la situation se met plus tôt à faire ce qu'il faut.
2
L'essentiel d'abord
Triez selon ce qui devient dangereux le plus vite : d'abord les dangers aigus et les blessures, puis la protection contre le froid, l'humidité ou la chaleur, puis l'eau et les signaux – la nourriture vient en dernier. Cet ordre vous épargne de nombreuses décisions.
3
Penser en petits objectifs
Ne pensez pas « Comment sortir d'ici ? » mais à l'heure qui vient : « Terminer la couche isolante au sol. » « Ramasser du bois jusqu'à ce que le soleil touche cet arbre. » Notez les objectifs et cochez-les. Chaque objectif atteint est une petite preuve : je peux y arriver.
4
Se parler avec bienveillance
Parlez-vous comme vous parleriez à un bon ami et utilisez votre prénom : « Anna, tu as terminé la couche isolante au sol. Maintenant, bois quelque chose. » Remplacez « Je ne m'en sortirai jamais » par « On cherche les gens comme moi. Mon travail : rester au chaud et être vu. »
5
Raisons de tenir
Pensez à des personnes, des animaux, des projets que vous attendez avec impatience – le plus concrètement possible. Notez la première chose que vous ferez une fois rentré chez vous. Beaucoup de personnes qui ont traversé de longues situations d'urgence rapportent que ce sont précisément ces pensées tournées vers les autres qui leur ont donné de la force.
6
Prendre soin de son corps
Le froid, la soif, la faim et le manque de sommeil pèsent lourd sur le moral. Avant de douter de vous, demandez-vous : ai-je froid ? Ai-je bu quelque chose ? Me suis-je reposé ? Souvent une couche sèche, une boisson chaude ou une heure de repos remontent le moral mieux que n'importe quelle pensée.
7
S'autoriser brièvement les revers
Si le feu s'éteint ou que la pluie commence, vous pouvez être en colère ou triste un instant – pleurer est permis aussi. Ensuite : expirez lentement et cherchez la plus petite étape suivante. Les revers en font partie ; ce qui compte, c'est que vous recommenciez ensuite à agir.
Erreurs courantes
×Nier longtemps la situation et perdre ainsi un temps précieux
×Ne penser qu'au grand objectif inatteignable
×S'insulter soi-même
×Prendre le mauvais moral pour de la faiblesse au lieu de vérifier le froid et la soif
×Continuer épuisé par entêtement
Limites et risques
–Ne soigne pas la dépression
–Ne remplace pas les mesures pratiques de survie
Sources
[1]
Headquarters, Department of the Army (USA) (2002): FM 3-05.70 Survival
[2]
Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence
https://doi.org/10.1521/psyc.2007.70.4.283
[3]
World Health Organization (2020): Doing What Matters in Times of Stress: An Illustrated Guide
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-will-to-survive
31 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Organisation de la journée, compter les jours et tenir un carnet en attendant les secours
Quand vous attendez plusieurs jours au même endroit les secours, les jours se confondent et l'apathie s'installe : vous en faites de moins en moins, alors que vous devez continuer à assurer la chaleur, l'eau et les signaux. Une structure quotidienne fixe aide : marquer les jours, une ronde le matin, des blocs de tâches pendant la journée, des heures de signal fixes, un carnet et un court bilan le soir.
Rester occupé ne doit pas conduire à des sorties risquées ni à trop d'efforts. Les forces et la chaleur sont rares : mieux vaut beaucoup de petites tâches près du camp qu'une grande exploration.
Si vous remarquez que vous ne faites presque plus rien, que vous ne buvez plus ou que plus rien ne vous importe, cela peut aussi être dû au froid, à la déshydratation ou à l'épuisement. Alors d'abord réchauffez-vous, buvez, reposez-vous – et saisissez chaque occasion de passer un appel d'urgence.
En cas de blessure, d'hypothermie ou quand vous ne savez plus quoi faire : appelez immédiatement le 112 (en Autriche aussi le 144 pour l'ambulance et le 140 pour le secours en montagne). Dans l'UE, le 112 fonctionne sans crédit et souvent via d'autres réseaux.
Matériel
Carnet de notes et crayon
Montre-bracelet analogique(facultatif) – Fonctionne sans batterie
Sifflet de signalisation
Panneau de signalisation (fluorescent)(facultatif)
Étapes
1
Marquer les jours
Chaque matin, faites une encoche dans un bâton ou un trait dans votre carnet et ajoutez la date. Après quelques jours de stress et de peu de sommeil, il est facile de confondre les jours – les traits montrent de façon fiable depuis combien de temps vous attendez.
2
Ronde du matin
Après le lever, toujours la même ronde : contrôlez votre corps (pieds, mains, blessures, chaleur), contrôlez les provisions (eau, nourriture, piles), évaluez la météo. Tout ce qui est notable va dans le carnet. Ainsi vous repérez tôt les problèmes.
3
Découper la journée en blocs
Planifiez en fonction de la lumière du jour : le matin, aller chercher de l'eau et ramasser du bois ; à midi, contrôler les signaux et se reposer (à l'ombre s'il fait chaud) ; l'après-midi, bois et isolation pour la nuit ; une heure avant le coucher du soleil, tout doit être en place. Des blocs fixes vous évitent de ruminer sans cesse sur ce qu'il faut faire ensuite.
4
Heures de signal fixes
Fixez des heures auxquelles vous signalez et vérifiez : contrôlez chaque matin le panneau de signalisation et les signes au sol, faites trois signaux sonores à heures fixes et écoutez, allumez brièvement le téléphone seulement à heures fixes pour économiser la batterie. Signalez immédiatement, en dehors du programme, dès que vous entendez des moteurs, des voix ou des hélicoptères.
5
Tenir un carnet
Plusieurs fois par jour, notez l'heure, la météo, ce que vous avez fait, ce que vous avez mangé et bu, comment vous vous sentez physiquement et ce que vous pensez. Écrivez aussi un message pour les secouristes : qui vous êtes, depuis quand vous êtes ici, comment vous allez. Si vous devez quitter l'endroit, laissez-y un mot indiquant la direction et l'heure.
6
Planifier le repos et les forces
Les temps de repos font partie du plan, pas seulement le travail. Celui qui s'épuise les premiers jours n'a plus de force ensuite. Faites des pauses avant d'être épuisé, et utilisez le moment le plus chaud de la journée pour une sieste si les nuits sont froides.
7
Bilan du soir
Avant la nuit, notez brièvement : trois choses qui se sont bien passées aujourd'hui et les tâches les plus importantes pour demain. Puis, chaque soir, le même petit rituel du coucher – entretenir le feu, ranger la lampe et le sifflet à leur place, vous allonger. Ainsi chaque journée se termine avec un sentiment d'ordre.
Erreurs courantes
×Ne pas marquer les jours et perdre la notion du temps
×Ne signaler que « quand j'en ai envie »
×S'épuiser complètement les premiers jours
×Allumer le téléphone en permanence et vider la batterie
×Quitter l'endroit sans laisser de message pour les secouristes
Limites et risques
–Ce n'est pas un guide pour les signaux ou les abris – voir les fiches correspondantes
–Ne soigne pas la dépression
Sources
[1]
Headquarters, Department of the Army (USA) (2002): FM 3-05.70 Survival
[2]
Inter-Agency Standing Committee (IASC) (2007): IASC Guidelines on Mental Health and Psychosocial Support in Emergency Settings
[3]
World Health Organization (2020): Doing What Matters in Times of Stress: An Illustrated Guide
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-routine-journal-days
32 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Apprendre aux enfants quoi faire s'ils se perdent en forêt : « Serre un arbre dans tes bras »
Les enfants qui se perdent continuent souvent à marcher, se cachent ou ne répondent pas, par peur des inconnus ou d'avoir des ennuis. La règle « Hug a tree » leur donne une tâche simple : s'arrêter, rester près d'un arbre, siffler, se rendre visibles et rester au chaud, et répondre à toute personne qui appelle leur prénom. Les parents préparent cela avec un sifflet, des vêtements voyants et quelques étapes simples, et s'y exercent en jouant.
Les sacs en plastique peuvent étouffer les jeunes enfants. Un adulte découpe le trou pour le visage à l'avance, le sac n'est jamais enfilé sur toute la tête, et les sacs sont gardés hors de portée des bébés et des tout-petits.
Pas de cordon fixe autour du cou des jeunes enfants : risque d'étranglement en grimpant et en jouant. Fixez le sifflet à la veste ou utilisez un cordon à rupture qui s'ouvre sous la traction.
Si un enfant manque : appelez et cherchez brièvement à l'endroit où il a été vu pour la dernière fois, puis appelez immédiatement le 112 : ne cherchez pas seul pendant des heures. Plus la recherche commence tôt, plus la zone est petite.
Matériel
Sifflet de signalisation – Un pour chaque enfant, fixé à la veste
Sac-poubelle résistant (grand) – Grand sac-poubelle comme protection contre la pluie, avec le trou pour le visage découpé à l'avance par un adulte
Panneau de signalisation (fluorescent)(facultatif) – Ou des vêtements clairs et voyants
Papier aluminium (épais)(facultatif) – Pour l'empreinte de chaussure
Étapes
1
Sifflet, sac et vêtements clairs
Donnez à chaque enfant son propre sifflet de signalisation, solidement fixé à la veste, et un grand sac poubelle plié avec un trou pour le visage déjà découpé, dans la poche de la veste. Habillez-le de vêtements clairs et voyants. Montrez la puissance du sifflet et expliquez : « C'est seulement pour les urgences. »
2
S'arrêter et serrer un arbre dans ses bras
Apprenez à l'enfant : « Dès que tu ne peux plus nous voir ni nous entendre, tu t'arrêtes et tu cherches l'arbre le plus proche. Tu le serres dans tes bras et tu restes là jusqu'à ce qu'on te trouve. » L'arbre est un ami qui t'aide à rester au même endroit. Ne continue pas à marcher, n'essaie pas de retrouver le chemin de la maison.
3
Siffler trois fois, écouter
« Souffle trois coups forts dans le sifflet, puis fais silence et écoute. Puis recommence trois fois. » Un sifflet s'entend bien plus loin que la voix d'un enfant et fatigue moins que crier. Si l'enfant entend des appels, il siffle ou répond en criant.
4
Personne n'est fâché : réponds !
Dites explicitement à votre enfant : « Si tu te perds, personne ne sera fâché contre toi. On sera simplement contents de te retrouver. » Expliquez : les inconnus qui appellent ton prénom sont des aides qui te cherchent ; tu peux et tu dois alors répondre et te montrer. Ne te cache pas, pas même des chiens, des lumières ou des hélicoptères.
5
Rester visible et au chaud
« Enfile le sac comme un imperméable, le visage dans le trou. Assieds-toi sur des feuilles ou sur ton sac à dos, pas sur le sol mouillé. » S'il y a une clairière en vue, l'enfant peut s'asseoir en bordure pour être plus facilement repérable d'en haut. En cas de bruits d'animaux : sifflez ou parlez fort, les animaux s'enfuient.
6
Ce que les parents préparent
Avant la sortie, prenez une photo récente de l'enfant et notez les couleurs de ses vêtements. Une empreinte de la semelle de chaussure aide les équipes de recherche : l'enfant marche avec ses chaussures de randonnée sur un morceau de papier aluminium posé sur une surface molle. Convenez de règles fixes, comme toujours rester en vue. Si un enfant manque : appelez et cherchez brièvement, puis appelez immédiatement le 112.
7
S'exercer en jouant
Exercez-vous à tout cela au parc ou en forêt comme à un jeu : l'enfant « se perd » à quelques mètres, serre un arbre, siffle trois fois et répond quand un adulte appelle son prénom. Félicitez-le chaque fois qu'il reste en place. Avant chaque sortie, redites ensemble les règles à voix haute.
Erreurs courantes
×Menacer de punition si l'enfant s'éloigne : il se cachera alors plus volontiers
×Dire seulement « Ne t'éloigne pas ! » au lieu d'apprendre un geste
×Sifflet sur un cordon de cou fixe
×Donner le sac poubelle sans trou pour le visage
×Chercher soi-même trop longtemps avant d'alerter le 112
Limites et risques
–Ne remplace pas la surveillance
–Les tout-petits ne peuvent pas encore appliquer la règle de façon fiable : ils ont besoin d'une surveillance constante
Sources
[1]
Hug-a-Tree and Survive (programme founded by Jacqueline Heet with U.S. Border Patrol tracker Ab Taylor): Hug-a-Tree and Survive – lost-child prevention programme for children and parents
[2]
Robert J. Koester – dbS Productions (2008): Lost Person Behavior: A Search and Rescue Guide on Where to Look – for Land, Air and Water
[3]
Ready.gov – U.S. Federal Emergency Management Agency (FEMA): Ready Kids
https://www.ready.gov/kids
[4]
European Commission: 112 – the European emergency number
Rev. 1 · Version en ligne: https://survivebetter.com/fr/explore/psychology/psy-kids-lost-hug-a-tree
33 · Corps et groupe · Relecture par un expert à venir
Diriger un petit groupe lors d'une urgence en pleine nature
Quand un groupe de randonnée ou une famille se retrouve en difficulté, souvent tout le monde parle en même temps, ou personne ne décide. Mieux vaut qu'une personne décide et que tous les autres apportent leurs connaissances. Ce guide montre comment s'entendre sur un chef, compter et vérifier tout le monde, discuter du plan à voix haute, donner une tâche à chacun, veiller sur les plus faibles, régler les désaccords et faire régulièrement le point.
Évitez si possible de diviser le groupe. Si quelqu'un doit aller chercher de l'aide, au moins deux personnes partent avec un itinéraire clair, un horaire et des notes ; les blessés et les enfants ne sont jamais laissés seuls.
L'allure et les décisions sont réglées sur le membre le plus faible. Les personnes discrètes en particulier peuvent avoir froid, peur ou mal sans le dire : demandez régulièrement à chacun.
En cas de blessure, d'hypothermie ou quand vous ne savez plus quoi faire : appelez immédiatement le 112 (en Autriche aussi le 144 pour l'ambulance et le 140 pour le secours en montagne). Dans l'UE, le 112 fonctionne sans crédit et souvent via d'autres réseaux.
Matériel
Carnet de notes et crayon(facultatif) – Pour le plan, les tâches et les données de l'appel d'urgence
Sifflet de signalisation(facultatif)
Sac de bivouac collectif(facultatif)
Étapes
1
Une personne décide
Dès la première minute, convenez de qui décide : idéalement la personne la plus expérimentée et la plus calme, qui n'est pas elle-même blessée. Dites-le à voix haute : « Martin décide, et chacun dit ce qu'il remarque. » Diriger est une tâche, pas un honneur, et le rôle peut être transmis plus tard.
2
Compter et vérifier tout le monde
Comptez tout le monde et demandez brièvement à chacun : êtes-vous blessé ? Avez-vous froid, êtes-vous mouillé ? Avez-vous de l'eau ? Comment allez-vous ? Soignez d'abord les blessés, changez les vêtements mouillés, enveloppez bien chaudement les enfants et les personnes âgées. Formez des binômes fixes qui veillent l'un sur l'autre.
3
Discuter de la situation et du plan à voix haute
Le chef résume brièvement : où sommes-nous, quel est le but, quel est le plan ? Puis il demande : « Qu'est-ce que j'oublie ? Qui a des inquiétudes ? » Chacun peut dire quelques mots. Ensuite le chef décide, et tout le monde s'y tient. Passez l'appel d'urgence immédiatement si possible.
4
Une tâche pour chacun
Donnez des tâches concrètes avec des noms et des horaires : « Lena et Tom : ramasser du bois jusqu'au crépuscule. » « Jonas : sifflet et panneau de signalisation. » « Mamie : s'occuper du téléphone et noter les heures. » Les personnes anxieuses et les enfants reçoivent aussi une tâche adaptée : cela les calme.
5
Veiller sur les plus faibles
Réglez l'allure, les pauses et les plans sur le membre le plus faible. Demandez régulièrement aux personnes discrètes comment elles vont, en personne. Personne ne part seul, pas même brièvement pour chercher de l'eau ou aller aux toilettes sans prévenir quelqu'un et rester à portée de voix.
6
Régler les disputes équitablement
En cas de désaccord : écoutez, reformulez l'inquiétude avec vos propres mots (« Tu trouves le ruisseau trop dangereux ? »), vérifiez les faits, puis décidez et expliquez brièvement la décision. Pas de vote au milieu d'une dispute et pas de séparation par colère : rester ensemble est presque toujours plus sûr.
7
Prendre des nouvelles régulièrement
Retrouvez-vous brièvement le matin et le soir, et après tout événement important : qu'est-ce qui est fait ? Comment va chacun ? Qu'est-ce qu'on change ? Si le chef est épuisé, il passe délibérément et à voix haute le relais à une autre personne. Reconnaissez les réussites à voix haute : cela garde le groupe soudé.
Erreurs courantes
×Personne ne décide, tout le monde attend
×La personne la plus bruyante plutôt que la plus expérimentée prend la direction
×Répartir les tâches de façon vague (« Quelqu'un peut faire du feu ? »)
×Oublier les membres discrets
×Séparer le groupe en cas de dispute
×Ne jamais relayer le chef, jusqu'à ce que l'épuisement le fasse commettre des erreurs
Limites et risques
–Ne constitue pas une formation de chef de course
–Les questions juridiques sur la responsabilité des chefs ne sont pas traitées
Sources
[1]
The Mountaineers Books (2017): Mountaineering: The Freedom of the Hills, 9th edition
[2]
Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence
https://doi.org/10.1521/psyc.2007.70.4.283
[3]
World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers