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Technique

Premiers secours psychologiques pour les aidants non professionnels : observer, écouter, orienter

Les premiers secours psychologiques ne sont pas une thérapie, mais un soutien humain et pratique apporté à des personnes peu après un événement éprouvant. Le guide de l'OMS décrit trois principes d'action : rechercher la sécurité et les besoins urgents, écouter sans forcer, et mettre les personnes en lien avec des informations, leurs proches et des services d'aide.

Difficulté
Notions de base
Effort
De quelques minutes à quelques heures ; aucun équipement
Niveau de risque
Important pour la sécurité
Premiers secours psychologiques pour les aidants non professionnels : observer, écouter, orienter
Image d'ambiance, pas une instruction. Seuls le texte et les étapes font foi.
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Expliqué simplement

Quand quelqu'un est blessé, il y a les premiers secours : pansements, bandages, appel d'urgence. Mais que faire quand quelqu'un a subi un grand choc – après un accident ou un incendie, par exemple – et reste là, tremblant, en pleurs ou complètement muet ? C'est à cela que servent les premiers secours psychologiques. Ce n'est pas un traitement, simplement un soutien humain et pratique.

Vous pouvez le retenir avec trois mots : regarder, écouter, relier. Regarder, c'est : l'endroit est-il sûr ? Y a-t-il des blessés ? Quelqu'un a-t-il besoin d'une couverture, d'eau ou de toilettes ? Écouter, c'est : demander calmement ce dont la personne a besoin et l'écouter sans la pousser à parler. Relier, c'est : l'aider à joindre sa famille ou ses amis et à trouver les services adaptés.

Le point le plus important : n'aidez que si l'endroit est sûr. En cas de blessures, les premiers secours et l'appel d'urgence (112 dans l'UE) passent en premier. Et si quelqu'un parle de se faire du mal ou d'en faire à d'autres : appelez immédiatement le numéro d'urgence ou une ligne d'écoute de crise, et ne laissez pas la personne seule.

Comment ça marche

Après un événement bouleversant, les personnes se rétablissent généralement mieux lorsqu'elles se sentent en sécurité, calmes, entourées et capables d'agir, et lorsqu'elles gardent espoir. Ces cinq points remontent à une revue de 2007 largement citée, de Hobfoll et ses collègues. Les premiers secours psychologiques renforcent précisément ces facteurs – avec des moyens simples que chacun peut apprendre.

L'essentiel n'est pas d'analyser les sentiments ni de donner des conseils savants. Il s'agit de protection, d'aide pratique, d'écoute et de mise en lien avec des soutiens. Une couverture sur les épaules, un verre d'eau, un appel à la fille de quelqu'un, un coin tranquille pour s'asseoir – ce sont souvent les gestes les plus efficaces. Ils montrent : vous n'êtes pas seul, et quelqu'un prend soin de vous.

Le guide de l'OMS pour les intervenants de terrain résume cela en trois principes d'action : « Regarder, Écouter, Relier » (« Look, Listen, Link »). Avant cela vient la préparation, et après, une conclusion en bonne et due forme. Le guide s'adresse explicitement à des personnes sans formation thérapeutique.

L'essentiel : les étapes

Préparez-vous : renseignez-vous brièvement sur ce qui s'est passé, sur les services de secours présents et sur les dangers qui subsistent. Présentez-vous par votre nom et demandez si une aide est souhaitée – certaines personnes veulent qu'on les laisse tranquilles, et c'est très bien.

Regarder : soyez attentif à la sécurité, aux blessures visibles et aux besoins de base urgents comme la chaleur, l'eau, des toilettes ou des médicaments importants. Repérez les personnes ayant des besoins particuliers : enfants non accompagnés, personnes âgées, personnes en situation de handicap ou personnes très agitées. Écouter : demandez calmement quels sont les besoins et les inquiétudes, et écoutez. Ne jugez pas les sentiments, ne faites pas de promesses que vous ne pouvez pas tenir, et acceptez aussi le silence.

Relier : aidez les personnes à joindre leurs proches, à obtenir des informations fiables et à trouver les services adaptés. Ne transmettez que ce que vous savez avec certitude. Conclure : dites quand vous partez et qui prend le relais. Des aidants qui disparaissent brusquement peuvent déstabiliser.

Apaiser et parler

En cas de forte agitation, un endroit plus calme aide souvent : loin du bruit, des curieux et des scènes pénibles. Parlez lentement, d'une voix calme. Vous pouvez doucement attirer l'attention sur la respiration ou sur les alentours : « Sentez-vous vos pieds sur le sol ? Expirons lentement ensemble. » Ne retenez pas la personne et ne vous pressez pas contre elle.

Évitez les phrases toutes faites comme « Ça aurait pu être pire » ou « Je sais exactement ce que vous ressentez ». Elles partent d'une bonne intention, mais sont souvent perçues comme minimisantes. Mieux vaut des phrases simples et honnêtes : « Cela semble très dur. » « Je suis là. » « De quoi avez-vous le plus besoin en ce moment ? »

Si un enfant est concerné : mettez-vous à sa hauteur, utilisez des mots simples, et gardez les enfants auprès de leurs proches dans la mesure du possible, ou aidez à les réunir. Tenez aussi compte des différences culturelles : la distance entre les personnes, le contact physique et la façon de parler de la perte ne sont pas les mêmes partout.

Sécurité : à quoi faire attention

N'aidez que si le lieu est sûr. N'entrez pas dans les zones dangereuses réservées aux services de secours, comme une maison en feu, le lieu d'un accident en pleine circulation ou des zones inondées. En cas d'urgence médicale, les premiers secours et l'appel d'urgence (112 dans l'UE) passent d'abord, le soutien émotionnel ensuite.

Ne poussez personne à parler. Des questions détaillées sur ce qui s'est passé (« Qu'avez-vous vu exactement ? ») peuvent faire plus de mal que de bien. Ceux qui veulent parler peuvent parler ; ceux qui veulent se taire peuvent se taire. Ne posez pas de diagnostic et ne donnez pas de conseils de traitement : ce n'est pas le rôle des premiers secours psychologiques.

Si quelqu'un parle de mettre fin à ses jours ou de se faire du mal, met d'autres personnes en danger ou perd complètement le contrôle : appelez immédiatement le numéro d'urgence local ou une ligne d'écoute de crise locale, et ne laissez pas la personne seule. Les premiers secours psychologiques ne remplacent ni l'appel d'urgence, ni les services de crise, ni la psychothérapie.

Bon à savoir : prendre soin de soi et apprendre

Soutenir les autres en situation de crise peut aussi peser sur les aidants eux-mêmes. Des images et des récits peuvent vous poursuivre pendant des jours. Prenez cela au sérieux : parlez à quelqu'un en qui vous avez confiance, accordez-vous des pauses, du sommeil et de la nourriture. Si la charge persiste, il est judicieux d'accepter vous-même du soutien.

Outre le guide de l'OMS, il existe le « Field Operations Guide » du National Child Traumatic Stress Network américain, qui décrit des actions essentielles similaires. Les deux sont écrits pour des aidants sans formation thérapeutique.

Aucun texte ne remplace la pratique. De nombreuses organisations de secours proposent des cours où l'on apprend les premiers secours psychologiques par des jeux de rôle. Il vaut aussi la peine de connaître à peu près les services locaux (ligne d'écoute, services de conseil, soutien psychosocial d'urgence) afin de savoir, en cas d'urgence, vers qui orienter les personnes.

Pas à pas

Premiers secours psychologiques pour les aidants non professionnels : observer, écouter, orienter

Étape 1 sur 6

Préparer

Renseignez-vous brièvement : que s'est-il passé, quels services sont présents, quels dangers existent ? Présentez-vous comme aidant et demandez si une aide est souhaitée.

Premiers secours psychologiques pour les aidants non professionnels : observer, écouter, orienter – Étape 1 sur 6Préparer. Renseignez-vous brièvement : que s'est-il passé, quels services sont présents, quels dangers existent ? Présentez-vous comme aidant et demandez si une aide est souhaitée.
Étape 1 sur 6

Étape 1 sur 6

Préparer

Renseignez-vous brièvement : que s'est-il passé, quels services sont présents, quels dangers existent ? Présentez-vous comme aidant et demandez si une aide est souhaitée.

  1. 1

    Préparer

    Renseignez-vous brièvement : que s'est-il passé, quels services sont présents, quels dangers existent ? Présentez-vous comme aidant et demandez si une aide est souhaitée.

  2. 2

    Observer

    Vérifiez la sécurité, les blessures visibles et les besoins essentiels urgents (chaleur, eau, toilettes, médicaments). Repérez les personnes ayant des besoins particuliers : enfants seuls, personnes âgées, personnes handicapées ou en grande détresse.

  3. 3

    Écouter

    Approchez-vous calmement, interrogez sur les besoins et les préoccupations, écoutez. Ne jugez pas les émotions, ne faites aucune promesse que vous ne pouvez pas tenir. Acceptez les silences.

  4. 4

    Apaiser

    En cas de forte agitation, proposez un endroit calme, parlez lentement, attirez l'attention sur la respiration et sur l'environnement. Ne retenez pas la personne et ne la pressez pas.

  5. 5

    Orienter

    Aidez les personnes à joindre leurs proches, à obtenir des informations fiables et à trouver des services d'aide. Ne transmettez que ce que vous savez avec certitude.

  6. 6

    Conclure

    Dites quand vous partez et qui prend le relais. Prenez soin de vous et prenez au sérieux votre propre fatigue.

L'animation est un dessin schématique des étapes ci-dessus et, comme tout le contenu, attend encore une vérification des faits.

Erreurs courantes

  • Pousser les gens à raconter
  • Phrases toutes faites comme « Ça aurait pu être pire »
  • Transmettre des informations incertaines
  • Ignorer ses propres limites
  • Poser des diagnostics

Aperçu rapide

Convient pour

  • Après des accidents, incendies, intempéries ou évacuations
  • Entraide de voisinage dans les hébergements d'urgence
  • Proches et amis après un choc

Ne convient pas pour

  • Urgences médicales – dans ce cas, d'abord les premiers secours et l'appel d'urgence
  • Personnes en danger immédiat pour elles-mêmes ou pour autrui – aide professionnelle immédiate
  • Un substitut à la psychothérapie ou à l'accompagnement psychologique

Prérequis

  • Votre propre sécurité est assurée
  • Disposition à écouter calmement
  • Connaissance approximative des services d'aide locaux

Sécurité

  • N'aidez que si le lieu est sûr. N'entrez pas dans les zones dangereuses réservées aux services de secours.
  • Ne poussez personne à parler. Un interrogatoire détaillé sur ce qui s'est passé peut faire plus de mal que de bien.

Comment ça marche

Les personnes se rétablissent généralement mieux après des événements éprouvants lorsqu'elles se sentent en sécurité, calmes, entourées, capables d'agir et pleines d'espoir. Les premiers secours psychologiques renforcent précisément ces facteurs avec des moyens simples : protection, aide pratique, écoute et mise en lien, plutôt qu'analyse ou conseils.

Avantages

  • Ne nécessite aucun matériel
  • Peut être appris par des non-professionnels
  • Renforce la sécurité et le lien social

Inconvénients

  • Peut peser sur les aidants eux-mêmes
  • Ne remplace pas une aide professionnelle en cas de réactions sévères

Connaissances approfondies

Contexte technique

Le guide « Premiers secours psychologiques : guide pour les intervenants de terrain » de l'OMS et de ses organisations partenaires résume les principes « Observer, écouter, orienter » ; le « Field Operations Guide » du NCTSN américain décrit des gestes essentiels similaires.

Les deux s'adressent à des aidants sans formation thérapeutique. Les formations proposées par les organisations de secours enseignent la pratique mieux que n'importe quel texte.

Variantes

Avec des enfants
Mettez-vous à hauteur des yeux, utilisez des mots simples, gardez les enfants auprès de leurs proches ou réunissez-les avec eux dès que possible.

Erreurs courantes

  • Pousser les gens à raconter
  • Phrases toutes faites comme « Ça aurait pu être pire »
  • Transmettre des informations incertaines
  • Ignorer ses propres limites
  • Poser des diagnostics

Limites et risques

  • Pas de thérapie, pas de diagnostic
  • Ne remplace ni les numéros d'urgence ni les services d'aide en situation de crise
  • Respecter les différences culturelles
Sources (3)
  1. World Health Organization, War Trauma Foundation and World Vision International (2011): Psychological first aid: Guide for field workers · Principes observer, écouter, orienter ; préparation des aidants et prise de soin de soi
  2. National Child Traumatic Stress Network and National Center for PTSD (USA) (2006): Psychological First Aid: Field Operations Guide, 2nd Edition · Gestes essentiels des premiers secours psychologiques
  3. Hobfoll, S. E. et al. – Psychiatry: Interpersonal and Biological Processes (2007): Five essential elements of immediate and mid-term mass trauma intervention: empirical evidence · Sécurité, apaisement, sentiment d'efficacité, lien social et espoir comme éléments clés

Rev. 1 · Mis à jour 2026-10-10